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SEANCES
mercredi 6 juin à 19h
vendredi 8 juin à 20h
samedi 9 juin à 22h
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DÉTECTIVE
BUREAU 2-3
(TANTEI JIMUSHO 2-3)
de
Seijun Suzuki
Japon, 1963, 1h29, VOSTF
Avec
Jo Shishido, Nobuo Kaneko, Tamio kawaji, Reiko Sasamori
Tokyo, années 60 : un détective sauve la vie d'un criminel
sortant de prison. Pour le remercier, le malfrat introduit son sauveur dans son
gang de trafiquants d'armes. Bientôt, le détective profite de la
situation pour essayer de démanteler cette mafia. Un petit chef-d'œuvre
de glamour pop qui a définitivement rangé le cinéaste parmi
les artistes cultes.
« Ayant choqué ses commanditaires des studios
déclinants de la Nikkatsu avec son précédent métrage
Le vagabond de Kanto, ordre est donné à Suzuki d'adapter un roman
noir de l'écrivain Haruhiko Oyabu. Mettant en scène le sérieux
détective Tajima dans une affaire de recel d'armes très classique,
les producteurs pensent ainsi limiter les extravagances de leur réalisateur.
C'était sans compter sur la folie créatrice de Suzuki, qui en
profite pour détourner aussi bien son matérieau de base que les
codes inhérents au genre. (…) Tous les codes inhérents
au genre sont ainsi désamorcés : les policiers sont incapables
de gérer une enquête, le personnage principal est un joyeux luron,
les méchants passent leur temps à occuper le commissariat local
ou à se canarder à l'aveuglette dans de sombres entrepôts.
(…) Si le Japon est aujourd'hui connu pour ses multiples délires
tant scénaristiques que visuels, l'audace de Suzuki fait office d'une
bombe dans un cinéma à l'époque rigide et factuel. (…) Énorme
plaisanterie, où Suzuki n'hésite pas à combler les vides
scénaristiques par des scènes musicales endiablées durant
lesquelles Joe Shishido ira même jusqu'à entonner la chansonnette.
Trame ultra-classique, dont Suzuki n'en a d'ailleurs que très peu cure,
préférant davantage exploiter la forme en se jouant des couleurs
tant au niveau du décor, que dans sa lumière. Les lieux sont
donc kitsch à souhait et l'appartement d'un truand plongé dans
une série de couleurs bien trop belles pour être réalistes.
Dans sa folie, seul le traitement de l'image est épargné dans
cet opus ; mis en scène de manière classique, Suzuki ne pousse
pas encore ses expérimentations visuelles au niveau de ses futurs Vagabond
de Tokyo ou encore La Marque du Tueur. (…) Il réalise pourtant
un curieux divertissement expérimental, considéré aujourd'hui à juste
titre comme l'une de ses œuvres les plus importantes et qui influencera
nombre de réalisateurs par la suite. Belle preuve, qu'un esprit artistique
peut aller de pair avec cinéma populaire. »
Bastian Meiresonne
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