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SEANCES
jeudi 5 juillet à 21h
dimanche 8 juillet à 17h
mercredi 11 juillet à 19h
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L'ÉNIGME
DU CHICAGO EXPRESS
(THE NARROW MARGIN)
de
Richard Fleischer
USA, 1952, 1h11, VOSTF
Avec
Charles McGraw, Marie Windsor, Jacqueline White, Gordon Gebert
Deux amis policiers sont chargés d'accompagner à un procès
Mrs. Neall, la veuve d'un gangster notoire... Dans l’atmosphère
confinée des luxueuses voitures, Richard Fleischer réalise une
course-poursuite haletante qui génère une forte tension de la première
scène jusqu’au dénouement inattendu.
« L’Assassin sans visage (Follow Me
Quietly,
1949) et L’Énigme du Chicago Express (The Narrow
Margin, 1952) le démontrent de façon incontestable :
dès ses premières œuvres, Richard Fleischer maîtrisait
toutes les ressources de la mise en scène. Cadrages saisissants,
contrastes de distance entre les plans en profondeur de champ, restriction
du visible, justesse des choix et des rythmes dans les champs – contrechamps,
alternance entre tension et détente chez les comédiens,
enchaînements visuels ou sonores, jeux de lumière, recadrages
révélateurs, confrontation de deux visages en une seule
image, tout concourt à l’intensité du film. Indépendamment
de la tension dramatique, Fleischer aime à renforcer la présence
imaginaire de ce qu’il donne à voir. Comme plusieurs
cinéastes nés dans les années 1910 et débutant
vers 1950 (Aldrich, Brooks, Fuller, Sidney), il se remémore
la foule de procédés dont faisait usage Citizen
Kane (1941) et imite les tournures, bien connues de Sirk ou de
Ford, par lesquelles le simulacre cinématographique, délaissant
son humilité de représentation, se dispose comme une
figure. En s’éloignant de la mise en scène invisible,
ces réalisateurs ont pu employer leur zèle à des
fins différentes ; ils l’ont manifesté de
manière plus ou moins insistante et continue ; ils ont
utilisé des moyens stylistiques divers ; mais ils veulent
qu’il soit permis à l’image de s’exprimer
en même temps qu’elle représente. »
Alain
Masson, Positif
« Avec L’Énigme du
Chicago Express,
Richard Fleischer plante sa caméra (et son chef opérateur
devait la tenir à la main pour les nombreuses scènes
d’action) dans un train, prouesses techniques et artistiques.
Il lui faudra (seulement) treize jours de tournage et cette rapidité,
qui au demeurant restera un atout béni des producteurs et
ce tout au long de sa carrière, cette rapidité donc
donne un tempo très singulier à ce film finalement "claustrophobique".
Un policier doit protéger la veuve d’un gangster qui
va témoigner devant la justice. Des tueurs à gage sont
forcément à leur poursuite mais ne savent quelle femme
abattre : ils n’ont jamais vu le visage de Mrs Neall. De Chicago à Los
Angeles, le voyage dans le train est donc placé sous le signe
des faux-semblants, des sosies et des trompes l’œil.
Là aussi, des cadrages d’une étrangeté et
d’une beauté surprenante (amorce d’un policier
cigarette aux lèvres, derrière lui, montée d’un
escalier, rampe et deux figures apparaissant ou reflets d’une
scène sur une vitre du train) précèdent d’autres
cadrages d’une facture plus classique. L’utilisation
de la profondeur de champ – le plan est alors vécu comme
une inépuisable source d’images, droite, gauche, fond,
surface – provoque un véritable paradoxe au sein d’un
lieu, le train, qui est travaillé compartiment après
compartiment, couloir après couloir. Les miroirs et surtout
les vitres agrandissent l’espace, non pas l’espace en
tant que tel, mais l’espace représenté. Et dans
cette foule de passagers, les ombres ont également leur place.
L’enchaînement d’une séquence à une
autre peut suivre la gestuelle d’un personnage et le mouvement
des roues du train. N’omettons pas l’emploi fait des
bruits, sons et autres sifflements, bavardages, cris, coups de feu.
Une leçon de cinéma en somme ! (…) "Quand
le train est en marche, tout se brouille. Quand il s’arrête,
on voit le paysage" (dit la vraie Mrs Neal dans L’Énigme
du Chicago Express), ainsi en va-t-il de la filmographie de Richard
Fleischer. »
Carole Wrona, Critikat.com
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