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SEANCES
mercredi 4 juillet à 21h
samedi 7 juillet à 22h
mardi 10 juillet à 21h
jeudi 12 juillet à 19h
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ENTRE LE CIEL ET L'ENFER
(TENGOKU TO JIGOKU)
de
Akira Kurosawa
Japon, 1963, 2h23, VOSTF
Avec
Toshiro Mifune, Takashi Shimura, Isao Kimura
Gondo est un industriel de la chaussure. Il est sur le point d’acheter
des actions pour devenir patron de la National Shoes. Mais son fils est enlevé et
ne lui sera rendu que contre une énorme rançon. Quand il apprend
que le ravisseur s’est trompé et a kidnappé le fils de son
chauffeur, il hésite à payer.
Au sujet de Chien enragé (1949), Les Salauds dorment en paix (1960)
et Entre le ciel et l’enfer (1963) : « A l’exception
de Chien enragé (1949), ces "polars" d’Akira Kurosawa
(…) sont peu connus. Estampillés "films noirs" (…),
cette étiquette un peu restrictive s’avère au fond ambiguë,
tant ces trois films s’intègrent parfaitement à l’univers
formel et thématique du cinéaste. Au fil de ses films, Akira
Kurosawa ne cesse de se demander comment bâtir un nouvel humanisme sur
les ruines d’un monde bouleversé, précaire et incertain,
on l’a souvent dit. A commencer par le jeune inspecteur de Chien enragé : "Le
monde est pourri, je suis d’accord. Pas la peine de le pourrir plus".
Derrière l’élément criminel, on trouve dans ces
trois films un dilemme moral, dont le personnage principal (Toshiro Mifune)
est le protagoniste et le témoin, sur fond d’environnement hostile.
Jeune inspecteur inexpérimenté dans Chien enragé, Mifune
est hanté par le gangster qu’il traque - il lui ressemble et comprend
sa rage – (…). Sous les traits d’un chef d’entreprise
mature et résolu, dans Entre le ciel et l’enfer (1963) - tout
un programme ! -, il se voit contraint de payer une rançon suite au
rapt du fils de son chauffeur, enlevé par erreur à la place de
son propre fils, et d’affronter un condamné à mort lors
d’un terrible face à face. Inutile de préciser que la tension
est omniprésente dans ces films, perceptible derrière chaque
plan (composition ultra précise, montage expressif et dynamique). De
plus, les mouvements de caméra sont souvent source de revirement de
point de vue et, même dans les scènes les plus calmes, en apparence,
le sentiment d’instabilité demeure. La vision peut devenir quasi
expressionniste, lorsqu’il s’agit de filmer des drogués
en manque, aux allures de zombies, agglutinés devant des taudis (Entre
le ciel et l’enfer), et ultra-réaliste jusqu’au cauchemardesque,
dans le prélude au Tokyo haletant et caniculaire de Chien enragé (gros
plan sur une tête de chien suffocant). La description des méthodes
d’investigation de la police, présente dans ces deux films, sert
de prétexte pour s’interroger sur les causes de la délinquance,
en basculant vite vers le documentaire social, âpre et incisif. Avec
son personnage de jeune policier en quête de son instrument de travail
(une arme au lieu d’un vélo) dérobé dans un bus,
Chien enragé dramatise à l’extrême l’argument
du Voleur de bicyclette qui plongeait aussi dans les bas-fonds d’une
société en pleine décrépitude, celle de l’"après-guerre" (expression
dite en français dans la version japonaise). »
Olivier
Hadouchi, Chronic’art.
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