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SEANCE UNIQUE
lundi 18 juin à 20h
SÉANCE SUIVIE D’UN DÉBAT ANIMÉ
PAR PAUL LYONNAZ (MUSICIEN,
POL), EN PRÉSENCE DE GUILLAUME
FOUET,
(INFORMATICIEN, MUSICIEN, CONSULTANT MULTIMÉDIA), FRANÇOIS
BARON (INGÉNIEUR
DU SON, MUSICIEN) / RONAN CLOAREC (INGÉNIEUR
DU SON, MUSICIEN),
FRANCK BERGÈRE (MUSICIEN), DAVID
LE YONDRE (FORMATEUR, MUSICIEN)
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STUDIO, THE MUSICAL REVOLUTION
de Jérôme Thomas
France,
2006, 1h10, documentaire
Avec Alain Breheret, Alsoprodby, Imhotep,
Animalsons, Rocca, Yvan, Scratch Massive, 20syl
Ce documentaire regroupe
les témoignages de multiples artistes
et producteurs (Imhotep, Animalsons, Rocca, Yvan…) qui ont assisté de
l’intérieur à l’évolution et à la
démocratisation du procédé Home Studio, phénomène
qui a révolutionné la création musicale.
« Jérôme Thomas aka Vgtah, fondateur du
studio Folimer est allé prendre le pouls de ces home-studistes,
de ces dingues qui vivent enfermés dans des chambres avec
des électrodes plantées dans la cervelle. Sillonnant
ce pays souterrain qui fédère aujourd'hui tous les
styles, de l'électro au rap en passant par le rock, ce documentaire
démêle en un peu plus d'une heure le sens de cette évolution
fondamentale. Car une large part de la musique consommée aujourd'hui
est enregistrée dans ces lieux, depuis les disques d'Aphex
Twin jusqu'à ceux de Despo Rutti. C'est dans ces lieux qu'elle
pensée, dans les studios de Hal, Dee Nasty, des Micranauts,
de Dj Mehdi, Doctor L, La Caution, Dj Ride ou du bordelais Steady
que visite le réalisateur. Le home-studio brise frontalement
les règles classiques de la musique. La temporalité n'y
est pas la même et l'erreur n'y a pas la même valeur,
l'apprentissage y est la plupart du temps empirique et l'expérience
y est reine. Car le home-studio se confond précisément
avec le home tout court. On ne se sait jamais très bien si
c'est une pièce de musique, une chambre, un fumoir ou un laboratoire.
Taillé et organisé aux dimensions du musicien qui s'en
sert, son équipement est aléatoire et se monte souvent
de manière hasardeuse, au fil des occasions, des brocantes
et des coups de sang. (…) De fait, Jérôme Thomas
ne se contente pas du domaine froid de la technique mais aborde la
côté personnel et personnalisé du home-studio,
ce côté "lieu de vie", musique quotidienne,
musique de chambre, cocon confortable. De la même manière,
un côté "vécu" vient traverser sa problématique,
comme l‘épineuse question du bruit, paramètre
aléatoire qui s'impose parfois avec force sur la gueule des
home-studistes. Ceux qui l'ont vécu le savent et quiconque
a déjà branché un ampli dans sa chambre l'a
vécu. Si l'on passe ici un peu rapidement sur certains équipements
comme les outils de synthèse granulaire qui ont considérablement
boosté des courants comme la jungle et les musiques électroniques,
Home Studio reste un bon éclairage sur le sujet, une solide
mise en abîme qui, au fil des interviews, prend de la hauteur.
Comme un va-et-vient entre l'aspect purement technique, lorsque Hal,
producteur du duo de rap Chiens de Paille explique le fonctionnement
de la SP-1200, et une réflexion sur le sens de cette "révolution
home-studio". C'est-à-dire entre la manière dont
le studio fonctionne et ce qu'il implique dans le petit monde de
la musique, à savoir la démocratisation du son, la
multiplication de la production disponible, l'entrée dans
la danse des indépendants, la libération de la créativité mais
aussi et surtout la désacralisation de la musique. Tout comme
on peut s'acheter des crayons et des feuilles sans prétendre être
un génie du dessin, on peut enregistrer ses titres sans prétendre être
Robert Fripp, comme le note en substance et avec pertinence 20Syl,
producteur et rappeur du groupe français Hocus Pocus. Car
il n'est pas sûr que l'outil permette aux imposteurs de s'imposer,
comme arguent régulièrement les adversaires de l'informatique
musicale. Le home-studio ne fait pas illusion, pas plus qu'il ne
masque la nullité crasse de certains. Il nécessite
du temps et de l'assiduité. Du travail, en somme. »
Thomas
Blondeau, Chronic’art
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