| |

SEANCES
vendredi 22 juin à 22h
dimanche 24 juin à 21h
jeudi 28 juin à 21h
samedi 30 juin à 17h30
mardi 3 juillet à 21h
|
L’INQUIETANTE
DAME EN NOIR
(THE NOTORIOUS LANDLADY)
de
Richard
Quine
USA,
1962, 2h03, VOSTF
Avec
Kim Novak, Jack Lemmon, Fred Astaire, Lionel Jeffries, Estelle Winwood
Récemment arrivé à Londres, un jeune diplomate
américain loue un appartement dont la propriétaire est
une ravissante Américaine. Le lendemain, il apprend qu'elle
est suspectée d'avoir tué son mari... Dans L'Inquiétante
dame en noir, le film de "possession trouble" se transforme
peu à peu dans sa seconde moitié en course poursuite
loufoque.
« Avec le génie comique de Blake Edwards
et le dynamisme virevoltant de Richard Quine aux manettes, L’Inquiétante
dame en noir ne pouvait être qu’une réussite.
Les gags mélangent habilement les courses-poursuites, le sadisme
du burlesque et la satire volontairement méchante. Ni les
Anglais, ni les Américains, que le scénario fait habilement
s’affronter à l’aide des pires clichés,
ne sortent vraiment grandis de l’aventure (…). Comme
dans les meilleures comédies américaines, le casting
est un adjuvant de choix : à commencer par les seconds rôles,
de la dame moins sénile que son vieil âge le laissait
prévoir, à l’inspecteur loufoque de Scotland
Yard, forcément totalement incapable de mener une enquête à bien.
Fred Astaire, à soixante ans passés, n’a rien
perdu de sa légèreté, mais danse ici sur une
partition qui ne lui est pas habituelle : le voir s’affaler
dans le trou d’une tombe puis déclarer au fossoyeur
qu’il faisait des "essayages" est d’autant
plus drôle que ses manières de gentleman ne l’y
prédestinaient pas. Quant à Jack Lemmon, est-il encore
nécessaire de dire que, n’en déplaise à Billy
Wilder, il est véritablement parfait ? La rapidité de
ses réactions, l’élasticité de son corps,
du cou jusqu’aux jambes, en passant par ses expressions de
visage, modifiables à l’envi, conviennent parfaitement à la
dynamique souple et au tempo d’enfer de la comédie à l’ancienne.
Mais L’Inquiétante dame en noir est surtout
un festival Kim Novak, l’actrice chérie de Richard Quine,
avec qui il tourna quatre films. (…) Richard Quine fait ainsi
de la comédienne à la voix suave et au visage mutin
une Marilyn de première ordre, ni pâle copie comme Doris
Day, ni parodie "gonflée" à la Jayne Mansfield.
Il lui laisse champ libre pour assurer sa transformation au long
du film, d’abord femme fatale prête à tous les
subterfuges afin de laisser le doute sur sa culpabilité (se
faire passer pour sa propre bonne, raconter des sornettes ou rencontrer
des inconnus dans la brume), puis amoureuse un peu ridicule, paniquée à l’idée
de se laisser prendre à ses propres filets. Kim Novak n’est
bien sûr pas tout à fait cette "inquiétante
dame en noir" dont parle le titre français, étrange
traduction du titre original ("la célèbre propriétaire").
Son innocence est rarement mise en doute. Comme le dit Bill, son
amoureux éperdu, elle est beaucoup trop charmante pour être
coupable, même si le scénario joue forcément
du doute qui titille l’amateur de "films noirs" devant
une femme trop belle pour être honnête... L’apparition
fantasmagorique de la comédienne toute de blanc vêtue,
violemment éclairée, devant son orgue, est un renversement
habile des clichés du polar. S’il fallait trouver une
raison d’être au titre, ce serait plutôt du côté de
cette insidieuse caméra, que Richard Quine introduit partout
dans un mouvement tournoyant, cassé par de brusques zooms
sur les détails les plus inutiles, comme autant de fausses
pistes. Cette caméra qui fouille et fouine dans l’intimité des
personnages, telle un espion qui ne peut pas toujours tout voir mais
assiste aux gaffes que chacun voudraient oublier au plus vite...
Le parallèle entre les voisins de Carlyl qui cherchent à tout
connaître de sa vie et cet instrument diabolique qui en connaît
(presque) tout est audacieux. (…) Richard Quine nous livre
ainsi insidieusement sa vision du cinéma, celle du pouvoir
magique de l’image, tout aussi dangereux que fascinant, comme
un placard que l’on nous interdirait d’ouvrir, et dont
l’ouverture deviendrait notre unique obsession... »
Ophélie
Wiel, Critikat.com
|
 |