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SEANCES
jeudi 28 juin à 19h
vendredi 29 juin à 22h
samedi 30 juin à 20h
lundi 2 juillet à 21h
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KLUTE
de
Alan J. Pakula
USA,
1971, 1h54, VOSTF
Avec
Roy Scheider, Jane Fonda, Donald Sutherland
Tom Gruneman a disparu depuis six mois. Le détective privé John
Klute se rend à New York pour mener l’enquête. Seule piste
fournie par la police : une call-girl à qui Tom aurait adressé des
lettres obscènes. Klute s'installe dans le même immeuble qu'elle
et, à l'aide d'une table d'écoute, enregistre ses conversations
téléphoniques… Un suspense policier derrière lequel
se dessine toute l’inquiétude d’une nation.
« Près de trente-cinq ans après
son apparition, Klute est
plus que jamais le document qui saisit les palpitations, les névroses
et les balbutiements d’une époque en mutation. Il est
aussi la preuve de l’incommensurable richesse du film de genre
quand l’intuition d’un cinéaste le met en synchronisme
avec son temps. »
Christian Viviani, Positif
« Dans l'Amérique
puritaine, où dénuder
un sein à l'écran revient à se vautrer dans
le stupre, pas étonnant que Jane Fonda ait fait trembler les
censeurs d'Hollywood ! Il faut dire que l'actrice rentre tout juste
de France – le pays de la débauche aux yeux des Américains – où elle
a incarné une sorte d' "icône érotique" en
jouant Barbarella sous la direction de Roger Vadim… Elle
sent le souffre… En interprétant une call-girl farouchement
indépendante dans Klute, Jane affirme plus encore
son statut de "femme libre" qui n'a pas besoin des hommes
: elle vit seule, s'assume et ne cherche pas à faire de rencontre.
Mais c'est surtout le franc-parler de la comédienne qui frappe
: jamais on n'a entendu une femme parler de sexualité aussi
librement au cinéma – aussi librement, en réalité,
qu'un homme ! Et c'est bien cela qui choque l'Amérique conservatrice
: comment un personnage féminin, prostituée de surcroît,
ose-t-il évoquer des notions comme le plaisir ou l'orgasme ?
Et pourtant, Jane Fonda dans Klute symbolise, au tout début
de ces psychédéliques années 70, la libération
sexuelle et l'émancipation des femmes. Ses tenues vestimentaires,
sa coupe de cheveux, sa manière de se tenir ou de marcher,
sa langue débarrassée des traditionnels euphémismes,
ses yeux qui ne se baissent pas dès qu'un homme la dévisage – tout
fait d'elle la vivante incarnation d'un pays qui change d'ère. »
Extrait
du dossier de presse, Solaris Distribution
« S'agissant
des plans longs, je pense que le montage est une ponctuation. Si
quelqu'un utilise sans cesse les points virgules et les points d'exclamation,
au moment où il a vraiment besoin
d'un point d'exclamation, il ne peut plus le faire sentir. En ce
sens, avant de tourner Klute, j'ai été très
intéressé par le livre d'entretien de Hitchcock avec
Truffaut : on ne coupe pas sans nécessité profonde.
Parfois il faut violer cette loi pour des raisons pratiques, mais
je déteste le faire. Dans Klute, il y avait une tentative
pour mêler des styles différents : la technique documentaire
chez le psychiatre ou dans la première chambre d'hôtel
ou bien, à l'extrême opposé, la scène
où [Jane Fonda] se déshabille
devant le vieil homme. C'était une scène importante
pour moi car elle montrait que ce qui en partie l'attirait dans son
travail, elle qui n'avait sans doute pas eu d'enfance, c'était
de se raconter des contes de fée, "II était une
fois...", d'entrer dans un pays des merveilles, de se déguiser
et d'en tirer une satisfaction enfantine. Lorsqu'elle entre dans
cette pièce, je voulais donc un sentiment romantique et j'ai
demandé au chef opérateur de retrouver le climat d'une "entrée" de
Dietrich dans un film de Sternberg. (…) Au départ Klutea
toutes les caractéristiques d'un policier des années
40. Pour moi, qui ai commencé à mettre en scène
assez tard, ce qui m'attirait, c'était d'utiliser un genre à mes
propres fins. Le pastiche ne m'intéressait pas mais au contraire,
par le biais d'une forme classique, de faire une exploration contemporaine.
Ce qui est merveilleux aussi dans le film de suspense, c'est qu'il
vous permet la stylisation ou la théâtralisation, ce
qui n'est pas possible dans des films plus simples comme The
Sterile Cuckoo. Il y a aussi des personnages comme celui du tueur
sadique que l'on n'avait jamais le temps d'expliquer verbalement
mais que l'on pouvait dramatiser visuellement par sa présence
derrière des glaces, son exclusion du décor. L'autre
problème de Klute, c'est qu'il joue sur deux rythmes
presque antithétiques, dont Hitchcock parle aussi à propos
de ses films : comment concilier le rythme du suspense et le rythme
de l'exploration d'un personnage, qui est beaucoup plus lent ? C'est
pourquoi il est bon parfois d'utiliser un acteur connu qui, dès
le premier plan, introduit un certain nombre de traits que l'on n'a
pas besoin de développer. Dès que l'on voit Grace Kelly
sur la plage avec ses lunettes de soleil dans La Main au collet,
on a l'idée d'une jeune fille riche, belle et gâtée.
Et c'est tout ce que l'on a à savoir d'elle. Dans Klute,
qui se voulait l'exploration de Bree Daniels, il me fallait concilier
les exigences de l'intrigue et cet approfondissement du personnage.
Ce qui me fascinait en elle, c'était son irrépressible
besoin de séduire, non pas tellement pour des raisons sexuelles
que pour se rassurer, pour avoir le sentiment d'exercer un pouvoir.
Elle aime un monde où elle n'a pas à éprouver
de sentiments, ce qui est rassurant pour quelqu'un qui a peur d'être
blessé. Mais ce besoin de séduire est aussi le trait
tragique de son personnage qui fait d'elle une victime en puissance,
la met en danger. Je pouvais ainsi dramatiser son problème
dans le cadre d'une histoire policière et lier les deux rythmes – personnages
et intrigue – qui n'étaient plus dès lors vraiment
séparés. Cela ne m'aurait pas intéressé de
faire Klutesi cela avait été l'histoire
d'une fille qui marche dans la rue et qui est tuée accidentellement
par un fou. »
Alan J. Pakula ; extraits d’un
entretien par Michel Ciment, Positif n° 136
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