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SEANCES
vendredi 6 juillet à 22h
samedi 7 juillet à 20h
lundi 9 juillet à 21h
mercredi 11 juillet à 21h
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LE
MONDE, LA CHAIR ET LE DIABLE
(THE WORLD, THE FLESH AND THE DEVIL)
de
Ranald McDougall
USA, 1959, 1h35, VOSTF
Avec
Harry Belafonte, Inger Stevens, Mel Ferrer
Après un éboulement au fond d'une mine en Pennsylvanie, Ralph Burton
finit par se libérer seul des décombres. De retour à la
surface, il découvre que toute trace de vie humaine semble avoir disparu
après le passage d'un nuage radioactif... Ranald Mac Dougall donne une
ampleur philosophique à ce film post-apocalyptique, à la fois réflexion
sur les dangers du nucléaire, la fin d’une civilisation, mais aussi
la violence, le racisme et l’idée d’un paradis terrestre à reconstruire.
« Atypique dans la production de SF des années
50 (globalement anti-rouge avec grosses bébêtes obligatoires),
ce film singulier d’un cinéaste peu connu vaut le magnétoscopage.
Mac Dougall se méfie à juste titre du spectaculaire.
Il se contente de filmer l’après-catastrophe :
un homme seul (Harry Belafonte, épatant) marche dans une ville
en ruine. Étonnant décor, fait d’amas de décombres,
de voitures empilées, de gratte-ciel ou monuments ensablés :
le symbole d’une civilisation qui s’est crue éternelle,
et n’était que passagère. La mise en scène,
tout en vides et en vents coulis, rend palpable la désolation
ambiante. (...) Le cinéma américain ne manque pas de
visions d’apocalypse ; celle-ci, par son dépouillement
et ses silences, hante longtemps. »
Aurélien Ferenczi,
Télérama
« Le film de Ranald Macdougall
est bourré de
bonnes intentions : il témoigne contre la folie de l’humanité en
même temps qu’il est un réquisitoire discret contre
la ségrégation raciale. (...) Mac Dougall, manifestement
inspiré, nous peint à grands traits gris et mornes
un véritable enfer ; le désert humain qu’est
devenu New York atteint au cauchemar par la précision et la
sécheresse de la prise de vues : l’arrivée
de Belafonte dans New York vide, son exploration déchirante
d’un univers indifférent, où la seule voix n’est
que l’écho des cris de l’isolé, cette scène
effrayante où Burton, qui vivait en compagnie de mannequins
en celluloïd en précipite un par la fenêtre, sont
pleinement réussies et portent sur le spectateur. Nous sommes
plongés en plein délire kafkaïen. (...) Le
Monde, la Chair et le Diable est une œuvre originale, sérieuse
et adulte : elle prêtera à de fructueux prolongements. »
La
Saison Cinématographique (1960)
« Accumulant les
clichés, le film impressionne néanmoins
par les perspectives vertigineuses d’un Manhattan désert,
au sol jonché de papiers comme une prémonition du 11
septembre, ce qui représente un tour de force du seul point
de vue organisationnel, les extérieurs ayant été tournés à l’aube,
rues bloquées dans le quartier de Wall Street (...) filmés
dans un noir et blanc magnifique. Frère jumeau du Dernier
rivage, de Stanley Kramer, sorti la même année, le film
en présente des séquences similaires (les essais de
contact par radio) et, dans sa première partie, servira peut-être
de modèle aux séquences augurales du Survivant (1974 – Boris
Sagal), à travers le bricolage acharné de Belafonte
comme de Heston, rois de leur ville désertée. (...)
Le plan final qui voit s’éloigner main dans la main
(mais vers où ?) les trois protagonistes interloque :
s’agit-il de symbolisme ou de l’annonce, guère
imaginable pour l’époque, d’un futur ménage à trois ?
Typique de la Guerre froide, avec ses gros défauts et ses
réelles qualités, Le Monde, la chair et le diable demeure
un document caractéristique d’une époque déboussolée. »
Jean-Pierre
Andrevon, L’Écran fantastique (2007)
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