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SEANCES
jeudi 7 juin à 21h
vendredi 8 juin à 22h
samedi 9 juin à 19h
dimanche 10 juin à 16h30
vendredi 15 juin à 19h
dimanche 17 juin à 19h
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NOBODY
KNOWS (DAREMO SHIRANAI)
de
Hirokazu Kore-eda
Japon,
2003, 2h21, VOSTF, interdit -12 ans
Avec
Midori Kiuchi, Takashi Naito, Makiko Esumi, Tadanobu Asano
?Quatre enfants vivent avec leur mère
dans un petit appartement à Tokyo. Un jour, cette dernière
disparaît en laissant un peu d'argent et un mot à l'attention
de l'aîné pour qu'il s'occupe de ses frères et
sœurs. Une drôle de vie commence pour ces quatre enfants
entièrement livrés à eux-mêmes... Nobody
Knows est un conte cruel qui, sous la moiteur et l'horreur de ses images,
dessine une trace d'espoir indélébile et possède
ce qui fait la force des meilleurs films japonais contemporains : une
invitation à un voyage flottant.
« En adoptant le point de vue de la fratrie,
le cinéaste
substitue de fait une utopie communautaire aux images sollicitées
du sordide et de la misère. D'étonnantes scènes
disent l'infinité des bonheurs minuscules que matérialisent, à côté des
sublimes sacrifices, les objets les plus triviaux (barres de chocolat,
chaussons couineurs...). »
Thierry Méranger,
Les Cahiers du cinéma
« En 1972, Truffaut écrivait
qu' "il ne
faut jamais oublier que l'enfant est un élément pathétique
auquel le public sera, d'avance, sensibilisé. Il est donc
très difficile d'éviter la mièvrerie et la complaisance.
On n'y parviendra qu'à force de sécheresse voulue et
calculée dans le traitement, ce qui ne voudra pas dire que
le style ne sera pas vibrant". Nobody Knows, film joué par
des enfants de trois à douze ans, semble entièrement
se conformer aux recommandations de papa Truffaut. À première
vue, Kore-Eda, en fils obéissant se met à distance
du mélodrame, évite la poésie de culottes courtes,
et se tient au plus près des choses telles qu'elles sont.
Et pourtant, à l'image de cette séquence où le
grand frère permet enfin à sa petite sœur une
sortie nocturne hors de l'appartement, nous sommes soudain prêts à un
rappel à l'ordre, lorsque nous voyons la fillette chausser
des sandalettes qui font "pouic, pouic" à chacun
de ses pas. N'est-on pas là très loin de la sécheresse
voulue et calculée ? Effectivement, très loin, on est
dans l'absolue intelligence. Car il ne s'agit pas d'une petite fille
adorable et victime qui fait "pouic, pouic" que filme Kore-eda.
Mais d'une teigne dangereuse et bornée, qui ne craint pas
de menacer la liberté conditionnelle de cette famille, pour
son plaisir narcissique. Nous sommes dans l'intelligence parce que
Kore-eda a compris que la seule manière de filmer des enfants
au cinéma, c'est en les mettant en scène comme des
adolescents. Il peut alors envoyer la sécheresse aux orties,
il peut filmer une fillette qui marche au milieu de la route, dans
la nuit, en faisant "pouic, pouic". Nulle complaisance,
nulle mièvrerie. La fillette passe d'une ligne blanche à l'autre
au milieu de la chaussée, et sur chaque ligne blanche, elle
fait des pas de souris, et les "pouic, pouic" prennent
un autre rythme, un rythme furieux et terrifiant. Ils ne sont pas
là pour faire joli. Ils sont là tels qu'ils sont. »
Christophe
Honoré, Festival International du Film de La Rochelle
2006
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