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SEANCES
Mardi 30 mai à 18h30
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LE
JOURNAL D'UN CURÉ DE CAMPAGNE
de Robert Bresson
France, 1950, 1h50
avec Claude Laydu, Nicole Ladmiral, Nicole Maurey, Jean Danet
Un jeune curé de santé fragile est nommé dans une
petite paroisse d'Artois. Il essaye de suivre les conseils de son aîné,
le curé de Torcy, mais sa santé décline et le pousse
à la boisson.
Adaptation dépouillée mais fidèle du célèbre
roman de Georges Bernanos (1936), Le Journal d’un curé
de campagne de Bresson (1951) gagne le Prix International du Festival
de Venise. L’histoire est celle d’un jeune prêtre
qui arrive dans une petite paroisse à Ambricourt, dans le nord
de la France et qui, pour mieux fixer sa pensée, tient compte
de ses expériences dans un journal. Avec une lucidité
déchirante, il témoigne de la désagrégation
profonde de la France rurale et de l’esprit de ses habitants.
Maladroit et de mauvaise santé, le prêtre suscite autour
de lui animosité et méfiance, mais arrive quand même
à toucher quelques âmes, surtout celles de la comtesse
du village et de sa fille. Surmontant la douleur de sa solitude et du
cancer de l’estomac qui va l’emporter, il arrive à
maintenir sa propre foi, déclarant juste avant de mourir que
‘Tout est grâce’. Le film de Bresson, qu’on
considère souvent comme son chef-d’oeuvre, capte avec rigueur
et sobriété les paysages plats, mornes et ténébreux
de l’Artois aussi bien que la lutte spirituelle et physique du
curé d’Ambricourt. Avec cet ouvrage, Bresson inaugure une
de ses techniques préférées, par laquelle l’image
est doublée par une voix narrative – dans ce cas la voix
du prêtre récite ce que le spectateur le voit écrire
sur les feuilles de son journal - renforçant le sens de l’intériorité
du personnage.
« Ce que je cherche, ce n'est pas tant l'expression par les gestes,
la parole, la mimique, mais c'est l'expression par le rythme et la composition
des images, par la position, la relation et le nombre. La valeur d'une
image doit être avant tout une valeur d'échange».
Robert Bresson
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