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SEANCES
jeudi 31 mai à 20h30
vendredi 1er juin à 14h15
SÉANCE SUIVIE D’UN DÉBAT “SANS PAPIERS, SANS
DROITS, ÇA POURRAIT ÊTRE TOI ! ÇA POURRAIT ÊTRE MOI
!” EN PRÉSENCE DU FASTI (FÉDÉRATION
DES ASSOCIATIONS DE SOLIDARITÉ AVEC LES TRAVAILLEURS ET TRAVAILLEUSES
IMMIGRÉ-E-S), DU GRAF (GROUPE ASILE FEMMES), DU RAJIRE (RÉSEAU
POUR L’AUTONOMIE DES FEMMES IMMIGRÉES ET RÉFUGIÉES)
ET DU HCR (HAUT COMITÉ AUX RÉFUGIÉS)
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AFRICA
PARADIS
de
Sylvestre Amoussou
France/Bénin, 2006, 1h26
Avec
Stéphane Roux, Eriq Ebouaney, Sylvestre Amoussou, Charlotte Vermeil, Sandrine
Bulteau
Dans un futur imaginaire, l’Afrique
entre dans une ère de grande prospérité, tandis
que l’Europe sombre dans la misère. Olivier, informaticien
sans travail, vit avec Pauline, elle aussi au chômage. Vu leur
situation déplorable en France ils décident de tenter
leur chance en Afrique où ils immigrent clandestinement... “Sans être
un film politique, le propos d’Africa Paradis est de poser des
problèmes liés aux rapports entre Africains et Européens,
de mettre les projecteurs sur le racisme, la xénophobie et l’intolérance, tout
cela sur un ton léger et avec le regard d’un jeune réalisateur
africain vivant en France depuis vingt ans.” Sylvestre Amoussou.
« L'inversion des rôles est largement utilisée
en tous sens au cinéma. Ce que l'on perçoit comme des
anachronismes permet par le biais de l'humour de pointer une réalité.
Si le Blanc devient Noir comme dans Ayaba des Béninois
Ignace Yechenou et Claude Balogun (2004) où le personnage
interprété par Luis Marques se retrouve Noir par sorcellerie,
il perd ses privilèges et se voit au contraire confronté aux
discriminations. De même, si le riche devient pauvre, il a
droit au mépris et au rejet. La science-fiction d'Africa
Paradis inverse le rapport Nord-Sud et dénonce ainsi le
présent. Nous sommes en 2033 et les déchirements de
l'Europe ont provoqué son déclin tandis que l'unité de
l'Afrique a engendré sa prospérité. Il est permis
de rêver mais il est frappant qu'aussi bien dans le roman d'Abdourahman
Waberi Aux Etats-Unis d'Afrique paru en 2006 que dans Africa
Paradis, c'est la réalisation du vieux rêve panafricaniste
d'une union économique et politique qui engendre l'inversion
des richesses. Un couple de Blancs essaye donc d'obtenir un visa,
se voit opposer un refus et finit par tenter l'émigration
clandestine mais est arrêté et placé dans un
centre de transit. L'institutrice Pauline est engagée comme
femme de ménage par Modibo, un député modéré (interprété par
le réalisateur qui se donne ainsi le beau rôle) qui
s'oppose aux discours xénophobes de "l'Afrique aux Africains" du
député Yokossi (Emil Abossolo M'bo). L'informaticien
Olivier parvient à s'échapper du centre de transit
et, pourchassé, se réfugie dans un appartement communautaire
du "quartier blanc". Il se joindra aux autres lors d'une
manifestation des Blancs au dénouement dramatique. "L'Afrique
ne peut pas accueillir tous les déshérités de
la terre" : Sylvestre Amoussou, qui vit en France depuis vingt
ans, schématise sans nuances les discours et les situations,
histoire de stigmatiser la xénophobie actuelle dans la sphère
politique et sur le terrain. Mais quelle alternative offre dans le
scénario l'Afrique en position dominante si ce n'est de copier-coller
l'idéologie et les discriminations européennes du début
du 21ème siècle ? Dans la dualité ambiante,
le député Modibo est le seul à incarner une
vision et une pratique de tolérance, en politique comme face à sa
femme raciste à qui il imposera Pauline lorsqu'elle demande
une femme de ménage. Il sera lui-même victime d'une
conspiration d'extrême droite visant à l'empêcher
de faire voter une loi moins contraignante dont les contours restent
flous si ce n'est de proposer davantage d'humanité dans le
traitement des immigrés. N'est-ce pas effectivement ce qui
manque fondamentalement aujourd'hui ? Le film s'emploie à le
montrer grâce à la prestation d'une pléiade de
grands acteurs où l'on reconnaît notamment Cheik Doukouré,
Eriq Ebouaney, Maryam Kaba. Sylvestre Amoussou a mis le paquet pour
faire un film qui marque : un tournage en 35 mm pour une image de
qualité et une belle musique originale composée par
Wasis Diop en phase avec le rythme du film. Même si la mise
en scène peine à pallier au manque de moyens qui limite
l'ampleur de nombreuses scènes, on se laisse entraîner
par l'énergie et la sincérité d'une histoire
qui puise dans les ficelles du thriller et par les pointes d'humour.
Tout immigré se reconnaîtra sans peine dans les références à son
vécu. La stéréotypie des personnages risque
de tenir davantage les autres spectateurs à distance, mais
le film mobilise chacun par son engagement pour un monde plus tolérant. »
Olivier
Barlet, Africultures
« Vivant en France depuis de nombreuses
années,
j’ai pu constater à quel point l’intégration
dans un pays étranger même ami, peut-être difficile
sur tous les plans, aussi bien affectif que professionnel. Et je
me suis souvent demandé si ceux qui nous offrent l’hospitalité sont
bien conscients des difficultés que nous rencontrons. C’est
pour tenter de répondre à cette question que dans Africa
Paradis, j’ai inversé la situation. Supposons que
l’Europe soit devenue pauvre et l’Afrique, riche. Ce
sont donc les blancs qui émigrent sur le continent africain
pour tenter de trouver du travail et qui, du coup, découvrent
le lot habituel des Noirs lorsqu’ils débarquent en France.
C’est-à-dire autant la mesquinerie que la générosité,
autant la porte fermée que la porte ouverte. C’est le
sujet de ce long-métrage, dans lequel l’équilibre
des comportements sera maintenu, mon propos n’étant
pas de mettre les bons d’un côté et les mauvais
de l’autre. Sans être un film politique, le propos d’Africa
Paradis est de poser des problèmes liés aux rapports
entre Africains et Européens, de mettre les projecteurs sur
le racisme, la xénophobie et l’intolérance, tout
cela sur un ton léger et avec le regard d’un jeune réalisateur
africain vivant en France depuis vingt ans. C’est un film véhiculant
des messages aussi universels que l’amitié entre les
peuples, l’amour qui ne connaît ni race ni couleur et
surtout la tolérance. Il est donc destiné aux cinéphiles
du monde entier qui s’interrogent sur ces questions. »
Sylvestre
Amoussou, réalisateur
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