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SEANCES
jeudi 31 mai à 18h30
samedi 2 juin à 20h
dimanche 3 juin à 17h
lundi 4 juin à 18h30
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MABOROSI
(MABOROSHI NO HIKARI)
de
Hirokazu Kore-Eda
Japon, 1995, 1h50, VOSTF
Avec
Midori Kiuchi, Takashi Naito, Makiko Esumi, Tadanobu Asano
Yumiko est hantée par la disparition
de sa grand-mère, qu'elle n'a pas su retenir, et par le suicide
de son premier mari. Avec son petit garçon, elle quitte sa ville
et fait un long voyage pour tenter de refaire sa vie. "La splendeur
visuelle de Maborosi est liée tout d'abord à l'emploi
frappant de la lumière comme véritable acteur de drame.
Le réalisateur emploie en virtuose les sources d'éclairage
naturel, et une poésie presque surnaturelle émerge de
la confrontation entre la lumière, les corps et leur environnement." Yann
Tobin, Positif
« Et puisque le monde est une totalité brisée,
son cinéma le sera aussi. Et ses héros seront des vagabonds,
qui traînent. Toujours en dehors, à côté,
ne prenant pas part à la machine. Enfants abandonnés
dans un appartement, communauté perdue au milieu de la forêt,
famille cernée par l'océan, ou morts rassemblés
en compagnie. Chez Kore-eda, le héros n'est jamais partie
prenante, il est hors-jeu. En état de retraite, d'abandon.
Il est clochard. Le clochard, c'est celui qui est rejeté par
le récit conventionnel, celui qui erre dans un espace qui
semble imprenable par la fiction. Il ne s'agit pas pour autant de
figures, les personnages ici sont incarnés, même les
morts ont les veines qui palpitent. Les pieds nus les mieux filmés
du cinéma aujourd'hui, sont ceux des acteurs de Kore-eda.
Un héros aux pieds nus donc, en attente, mais tremblant, et
s'il ne subit pas les péripéties d'une dramaturgie,
ne travaille pas, ne braque pas des banques, ne gagne aucune bataille,
ce héros, il se laissera en revanche pousser les cheveux.
Parce que sa seule lutte, c'est celle contre le temps. Or résister
au récit est une tactique éprouvée dans la guerre
faite au temps. La stratégie elle, consiste à ne pas
douter de l'éternité, et c'est un effort, une obstination
violente, car rien ne permet à ces héros traînants
de ne pas douter de l'éternité. Dans ce vacillement
se construit l'unique intrigue de tous les films de Kore-eda : Un
homme meurt du Sida (August Without You). Un enfant attend
sa mère (Nobody Knows). Un mort tente de revivre
le bonheur (After Life). Une femme refait sa vie (Maborosi).
Des inconnus commémorent un événement qui les
dépasse (Distance). Et chaque fois, pour les personnages,
la question qui demeure sans réponse est "pourquoi m'as-tu
abandonné ?" Et chaque fois, pour le cinéaste,
le film semble se charger d'un écho qui dirait "mais
je te regarde". Le cinéma ne nous apprend rien qu'il
ne sache nous révéler. Aucun enseignement, aucune vérité n'a
d'intérêt ici s'ils n'adviennent pas par les seuls instruments
du cinéma. Dans ce sens, Kore-eda et sa caméra embusquée,
est certainement le plus rossellinien des cinéastes japonais. »
Christophe
Honoré, Festival International du Film de La Rochelle
2006
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