mai 2007

 
 

Escape from New York (© DR)

SEANCES

mercredi 2 mai à 21h
samedi 5 mai à 18h

NEW YORK 1997 (ESCAPE FROM NEW YORK)

de John Carpenter
USA, 1980, 1h49, VOSTF, interdit -12 ans

Avec Kurt Russel, Lee Van Cleef, Ernest Borgnine, Donald Pleasence, Isaac Hayes


New York, 1997. Après une troisième guerre mondiale, la criminalité a augmenté de 400 %. La ville a été vidée de ses habitants et transformée en une immense prison où vivent trois millions de condamnés à mort. Snake Plissken doit retrouver et ramener à bon port… le président des Etats-Unis retenu en otage dans ce cloaque.

« Enfin, dernière cible, et pas la moindre, de Carpenter : l'institution politique. Que ceux qui nous dirigent soient manipulateurs [les extra-terrestres d'Invasion Los-Angeles], inefficaces [dans Ghosts of Mars], assoiffés de pouvoir [Le Village des Damnés] ou bien héritiers d'une culpabilité originelle [dans Fog], il est clair que Carpenter n'accorde pas une confiance aveugle aux instances dirigeantes. Probablement parce qu'il a fait l'expérience, en tant qu'homme, des injustices du système dans lequel il évolue : ainsi dit-il, "J'ai vu comment l'Homme est traité par la grande machine capitaliste et comment ceux qui la contrôlent n'ont absolument rien à faire des autres. J'ai du mal à comprendre cela. Je suis né en 1948, et j'ai grandi dans cette époque de grande espérance. On croyait alors que le système était amical et qu'il tenait compte de chacun. En grandissant, je me suis rendu compte que ce n'était pas le cas, et cela m'a plongé dans une terrible colère." (…) Ainsi, à sa manière, Carpenter est ce que l'on pourrait appeler un véritable (et grand) cinéaste politique, malheureusement sous-estimé. Mais un cinéaste politique au sens premier du terme : étymologiquement, le terme "politique" vient du grec "polis" (= la cité). La politique, c'est donc ce qui concerne la vie de la cité, et que fait Carpenter si ce n'est observer la "cité" dans laquelle il évolue, c'est-à-dire la société américaine ? Mais cette observation, Carpenter la fait avec un certain recul, presque lointainement, sans jamais vraiment se livrer (…). Stéphane Moïssakis et Rafik Djoumi (in Mad Movies (…) : "Tous ceux qui s'intéressent à son cas lui reconnaissent une certaine constance, assimilent sans peine le personnage à ses films, lui font porter de multiples casquettes plus ou moins militantes, sans pourtant s'accorder sur une définition satisfaisante de ce qu'est ‘John Carpenter’". Anarchiste ou gauchiste pour certains, réactionnaire pour d'autres, voire même les deux à la fois (…), Carpenter est le cinéaste de tous les partis et d'aucun à la fois (parlant d'Invasion Los-Angeles, il qualifie le film de "révolte contre la gauche, la droite, la censure et le politiquement correct" (…) et pour lui Los-Angeles 2013, "n'attaque pas un parti en particulier, il tape sur tout le monde". Plus que de servir la soupe aux républicains ou aux démocrates, [ce film] dit tout simplement que le pays abandonne actuellement la liberté au profit de l'ordre. Un pas de plus vers le fascisme. Notre société "se trompe, se berce d'illusion." (…) John Carpenter est un réalisateur libertaire, et profondément indépendant, dans son travail comme dans ses opinions, très proche finalement de son personnage de Snake Plissken, comme il le reconnaît volontiers lui-même : il y a effectivement du John Carpenter en lui. "À Hollywood on me perçoit comme un hors-la-loi. Je suis un rebelle comme Sam Peckinpah l'était par le passé. Je revendique ce titre. Et c'est vrai que c'est ce qui m'a attiré dans le personnage de Snake Plissken". Alors, Plissken – Carpenter, même combat ? »
Julien Le Goff, Il était une fois le cinéma

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