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SEANCES
mercredi 2 mai à 21h
samedi 5 mai à 18h
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NEW
YORK 1997 (ESCAPE FROM NEW YORK)
de
John Carpenter
USA,
1980, 1h49, VOSTF, interdit -12 ans
Avec
Kurt Russel, Lee Van Cleef, Ernest Borgnine, Donald Pleasence, Isaac Hayes
New York, 1997. Après une troisième
guerre mondiale, la criminalité a augmenté de 400 %.
La ville a été vidée de ses habitants et transformée
en une immense prison où vivent trois millions de condamnés à mort.
Snake Plissken doit retrouver et ramener à bon port… le
président des Etats-Unis retenu en otage dans ce cloaque.
« Enfin, dernière cible, et pas la moindre,
de Carpenter : l'institution politique. Que ceux qui nous dirigent
soient manipulateurs [les extra-terrestres d'Invasion
Los-Angeles], inefficaces [dans Ghosts
of Mars], assoiffés de pouvoir [Le
Village des Damnés] ou bien héritiers
d'une culpabilité originelle [dans Fog],
il est clair que Carpenter n'accorde pas une confiance aveugle aux
instances dirigeantes. Probablement parce qu'il a fait l'expérience,
en tant qu'homme, des injustices du système dans lequel il évolue :
ainsi dit-il, "J'ai vu comment l'Homme est traité par
la grande machine capitaliste et comment ceux qui la contrôlent
n'ont absolument rien à faire des autres. J'ai du mal à comprendre
cela. Je suis né en 1948, et j'ai grandi dans cette époque
de grande espérance. On croyait alors que le système était
amical et qu'il tenait compte de chacun. En grandissant, je me suis
rendu compte que ce n'était pas le cas, et cela m'a plongé dans
une terrible colère." (…) Ainsi, à sa manière,
Carpenter est ce que l'on pourrait appeler un véritable (et
grand) cinéaste politique, malheureusement sous-estimé.
Mais un cinéaste politique au sens premier du terme : étymologiquement,
le terme "politique" vient du grec "polis" (=
la cité). La politique, c'est donc ce qui concerne la vie
de la cité, et que fait Carpenter si ce n'est observer la "cité" dans
laquelle il évolue, c'est-à-dire la société américaine ?
Mais cette observation, Carpenter la fait avec un certain recul,
presque lointainement, sans jamais vraiment se livrer (…).
Stéphane Moïssakis et Rafik Djoumi (in Mad Movies (…) : "Tous
ceux qui s'intéressent à son cas lui reconnaissent
une certaine constance, assimilent sans peine le personnage à ses
films, lui font porter de multiples casquettes plus ou moins militantes,
sans pourtant s'accorder sur une définition satisfaisante
de ce qu'est ‘John Carpenter’". Anarchiste ou gauchiste
pour certains, réactionnaire pour d'autres, voire même
les deux à la fois (…), Carpenter est le cinéaste
de tous les partis et d'aucun à la fois (parlant d'Invasion
Los-Angeles, il qualifie le film de "révolte contre
la gauche, la droite, la censure et le politiquement correct" (…)
et pour lui Los-Angeles 2013, "n'attaque pas un parti
en particulier, il tape sur tout le monde". Plus que de servir
la soupe aux républicains ou aux démocrates, [ce film]
dit tout simplement que le pays abandonne actuellement la liberté au
profit de l'ordre. Un pas de plus vers le fascisme. Notre société "se
trompe, se berce d'illusion." (…) John Carpenter est
un réalisateur libertaire, et profondément indépendant,
dans son travail comme dans ses opinions, très proche finalement
de son personnage de Snake Plissken, comme il le reconnaît
volontiers lui-même : il y a effectivement du John Carpenter
en lui. "À Hollywood on me perçoit comme un hors-la-loi.
Je suis un rebelle comme Sam Peckinpah l'était par le passé.
Je revendique ce titre. Et c'est vrai que c'est ce qui m'a attiré dans
le personnage de Snake Plissken". Alors, Plissken – Carpenter,
même combat ? »
Julien Le Goff, Il était
une fois le cinéma
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