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SEANCE UNIQUE
vendredi 25 mai à 19h
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LA
QUESTION DES ALLIANCES
de Jean-Louis Comolli
France,
1997, 1h30, documentaire
Pour les législatives de 1997 dans les Bouches-du-Rhône, une question
taraude la droite : que faire du Front national ?
« Que faire du Front National ? Que faire de
l’offensive
de Bruno Mégret dans la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône
(Vitrolles, Marignane, Châteauneuf-les-Martigues) ? Ces deux
questions se posent moins à gauche (nationalement ou localement)
qu’à droite : la question des alliances est toujours
brûlante pour la droite parlementaire. Il y a les positions
de principe et les réalités du terrain électoral.
Les déclarations d’intention, les condamnations publiques
sont une chose. Les comportements des électeurs une autre. À quelques
jours de la dissolution de l’Assemblée nationale, il
apparaît que le problème douloureux mais central de
cette nouvelle bataille est bien celui d’une évaluation
des rapports de force entre la droite qui gouverne (RPR - UDF) et
l’extrême droite (FN). Qui domine qui, qui cède à l’autre? »
Jean-Louis
Comolli, Michel Samson, Rétrospective de la série,
Centre Pompidou, novembre 2003
« Dans les films sur le Front
national, les électeurs
ou les cadres de ce parti apparaissent souvent stupides, ridicules...
Or, si ses militants sont aussi bêtes, pourquoi ce parti est-il
devenu aussi fort ? Lutter contre un ennemi puissant en le caricaturant
est une idée extrêmement faible. Cela revient à mettre
tout le monde du bon côté et à faire comme s’il
n’y avait pas de problème. Regarder l’ennemi avec
la plus grande attention me semble beaucoup plus intéressant.
Je trouve plus juste, plus dialectique et plus profond de le faire
apparaître pour ce qu’il est, c’est-à-dire
au meilleur de lui-même. Même si c’est le pire
pour moi. Le danger vient du fait que le Front national représente
une force dans la société française. C’est
cette force qu’il faut montrer, pas une figure de cire grimaçante.
Prendre l’ennemi au sérieux, c’est aussi prendre
la lutte politique au sérieux. Sinon, il faut faire autre
chose, du divertissement, du spectacle... Pourtant, cette démarche,
qui a été la mienne et celle de beaucoup d’autres,
me paraît aujourd’hui insuffisante. Je pense qu’il
ne faut plus filmer le Front national frontalement car on l’isole,
on le met sur une scène où il est seul. Or, toute la
question politique est : il n’est pas seul, il est un
peu partout. Et il y a les ''autres'' : alliés, amis,
complices. Dans Jeux de rôles à Carpentras je développais
déjà cette idée : filmer le Front national
de manière oblique, en suivant les tours et les détours
du chemin qui mène à cette idéologie. »
Jean-Louis
Comolli. Propos recueillis par Céline Leclère
dans ''Jean-Louis Comolli, la politique à l’usage du temps'', La
Pensée de midi n°12, printemps 2004
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