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SEANCES
samedi
5 mai à 22h
lundi 7 mai à 21h
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SONATINE
de
Takeshi Kitano
Japon, 1993, 1h34, VOSTF, interdit -12 ans
Avec
Takeshi Kitano, Aya Kokumai, Tetsu Watanabe, Masanobu Katsumura,
Susumu Terajima
Bousculé par des meurtres dans ses propres rangs, le bras droit d'un chef
yakuza est tenu de se mettre au vert pour une durée indéterminée,
le temps que les choses se tassent entre les différents groupes. Murakawa
se retire donc sur Okinawa avec quelques hommes. Dans les premiers temps ils
s'y ennuient ferme. Mais petit à petit, sous l'impulsion de leur chef,
ces rudes gaillards vont apprendre à s'occuper, et à vivre simplement.
Murakawa, homme fatigué et désabusé, va réapprendre à profiter
du moment présent, grâce à ce break improvisé. Il
ignore pourtant que pendant ce temps-là, son chef est en train d’opérer
un rapprochement stratégique avec le groupe rival.
« Tout se passe comme si Kitano, parti pour un
plausible démarquage melvillien, se déchargeait en cours de route du
fardeau inutile d’une histoire à raconter et de l’attirail
du polar mafiosi. Réflexe paresseux, coup de flemme ? Pas si sûr,
en regard de quelques retours de flammes intempestifs. Mais surtout parce que
Kitano entend poser le même regard moral sur l’action et l’inaction ;
ici, la violence, loin d’être magnifiée ou banalisée, éclate
mais ne flambe pas, elle traverse les plans avec la sécheresse d’un
orage, bref et définitif. Les acteurs affectent une parfaite inexpressivité minérale,
réduisant de fait leur personnage à l’état d’ectoplasmes,
cibles en carton pré-découpées. Le cinéaste amplifie
encore ce contraste ironique à force d’abstraction quand par exemple,
il montre le monde comme un système de lignes géométriques
et de blocs monochromes ou hallucine une fusillade comme une salve de flashs
crachés sur la surface des plafonds. Plus hébété que
contemplatif. Hyper-stylisé, empruntant au léché publicitaire,
Sonatine exsude une tristesse diffuse et nous démolit en douce, tel
son anti-héros hermétique Murakawa, revenu de tout, fissuré et
suicidaire, qui trimbale sa dégaine lasse dans un chaos progressivement
démeublé, frôlant l’épure. Un creux de la
vague. Du taoïsme passé au noir. »
Didier Péron,
Libération
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