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SEANCES
Mardi 20 mai à 21h
Jeudi 22 mai à 19h
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PICKPOCKET
de Robert
Bresson
France, 1959, 1h15
Avec Martin Lasalle, Marika Green, Pierre Leymarie, Jean Pelegri
« Certains êtres devraient avoir le droit de voler en toute
liberté ». Telle est la devise de Michel, pickpocket compulsif
qui détrousse tout Paris. Il erre seul, cloîtré
dans sa folie, le regard fixe toujours à l’affût,
sans voir que sa mère se meurt, et que Jeanne est la femme
de sa vie.
« Salué à sa sortie, en 1959, comme un "accomplissement"
par Jean-Luc Godard et les jeunes cinéastes de la Nouvelle Vague,
Pickpocket (inspiré de Crime et Châtiment de Dostoïevski)
est sans doute le plus beau film de
Bresson. »
Xavier Lacavalerie, Télérama.
« Comme
Bresson s’impose une maîtrise intérieure de ses
images (”Ton film doit ressembler à celui que tu vois
en fermant les yeux”), Michel [le personnage principal] décrit
minutieusement ses faits et gestes sur un cahier à spirale,
et finit par ”mettre en scène” sa vie pour qu’elle
soit conforme à ses griffonnages. La force de ce film hors norme
vient de ce combat entre l’imaginaire et le quotidien, dont on
ne sait jamais qui triomphe. »
Marine Landrot, « Pickpocket », Télérama n°2466,
le 16 avril 1997, p. 116.
« Rarement, par exemple, on aura vu un
cinéaste
raconter une histoire plus vite que Bresson, par un usage implacable
de l’ellipse, qui transforme le travail de montage en une opération
de chirurgie consistant à couper tout ce qui ne sert à rie,
sans vergogne, ni pitié. ”Tout art est abstrait… et
suggestif”, disait-il, lui qui s’acharnait à aller à l’essentiel, à la
moelle des choses et surtout des êtres humains. Un simple mouvement
des yeux, chez Bresson, sert à créer un hors-champ,
hors-champ qu’il n’est quasiment plus besoin de montrer.
(…) Cet art de l’essentiel est porté à son
paroxysme dans le film qui est considéré, sans doute à juste
titre, comme son chef-d’œuvre : Pickpocket, bouleversant,
hallucinant, d’une virtuosité et d’une folle radicalité,
que toute personne désirant devenir cinéaste devrait
regarder en boucle pendant une semaine d’affilée avant
de se mettre au boulot. »
Jean-Baptiste Morain, « Coffret Bresson en DVD », Les
Inrockuptibles n° 624, le 23 mars 2005, p. 40.
« Pickpocket
fait partie des films-évènements
du cinéma français. Jamais avant lui le cinéma
français n’avait atteint une telle virtuosité,
une telle nudité. À travers l’histoire de ce
pickpocket, Bresson érige le vol à la tire au rang
des beaux-arts et offre, sans complaisance ni sentimentalité,
une œuvre déchirante qui dépasse l’anecdote
apparente pour frôler le mystère. »
Anonyme, « Zoom, Bresson oui ! », l’Humanité,
le 21 avril 1997.
« N’est-il pas, de tous les films
de Bresson, à la
fois le plus atypique, le plus radicale dans ses choix de mise en
scène - c’est presque un ”film manifeste” -
et curieusement celui qu’on a le moins revu depuis les 25 dernières
années ?
(…) Ce qui me frappe dans pickpocket, c’est que
la mise en scène respire beaucoup. Les plans de bistrots,
par exemple, sont époustouflants. Je ne suis pas sûr
qu’on puisse les refaire aujourd’hui. Cela tient à la
lumière sans doute mais aussi à cette façon
de capturer quelque chose d’essentiel et en même temps
de trivial. Bresson a une maîtrise dans le désordre
organisé, tout à fait inouïe. Godard a fait aussi
beaucoup de scènes de bistrot mais le style est beaucoup plus
heurté, notamment dans sa manière d’utiliser
le son. »
Serge Toubiana, « Autour de Pickpocket, avec Olivier
Assayas, Jean-Claude Brisseau, Benoît Jacquot, André Téchiné et
Thierry Jousse », Cahiers du cinéma n° 416,
février 1989, p. 30.
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