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mars
2004
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CYCLE WESTERN(S) DU 24 MARS AU 13 AVRIL 2004 Si l'on considère attentivement la notion de cinéma de genre, il est probable que le western incarne pour nous la manifestation par excellence d'un art hollywoodien. En premier lieu parce que le terme renvoie à une topographie complexe et familière qui unit la prédominance d'une langue (anglo-saxonne), d'une réalité géographique (Colorado, Nouveau Mexique, Texas surtout, dans un mouvement vers la Californie) et des balises historiques (grosso modo de l'après-guerre d'Indépendance à la conquête de la Californie en 1848 en passant par la guerre de Sécession jusqu'aux années 1880) que même les contributions italiennes ne cherchent pas à contourner. Les archétypes du genre (le héros plus ou moins solitaire, parfois accompagné d'un vétéran de l'Ouest, le shérif ou le marshall, la fille de saloon et la pionnière, le propriétaire terrien, les mauvais garçons, les tribus indiennes, le bétail, le chemin de fer, la fonction essentielle du paysage et l'indispensable affrontement au pistolet) sont les éléments substractifs de cette topographie que les cinéastes convoquent, sans crainte de la répétition, et investissent pour former des propositions plus ou moins nouvelles et personnelles selon les films. Au-delà de l'horizon spectaculaire des paysages grandioses et originels où se déploient les récits, les westerns tirent de ces combinaisons des fictions exemplaires dont la force véridique n'est pas à chercher du côté de l'exactitude historique. Si le western poursuit de stimuler notre intérêt de spectateurs c'est qu'il est un lieu transparent du mythe, du " mythe comme puissance de l'Idée ", du mythe saisi comme utopie projetant une nécessité de construire un monde que l'on puisse habiter. Sur quelles valeurs ce monde doit-il être érigé ? Cette question vaut bien entendu comme une des réponses possibles à celle de notre intérêt particulier pour ce genre. A cette question encore on proposerait de considérer avec un brin d'exagération qu'il y a autant de réponses, d'idées, que de films. Néanmoins, et parce que l'actualité nous invite à confronter des faits et des idées-représentations qui n'en sont pas le reflet, nous pourrions par exemple nous demander en quoi, dans le western hollywoodien, la récurrence d'un argument conflictuel qui distingue entre territoire à parcourir (aller d'une ville à une autre pour conduire du bétail, pour retrouver son amoureuse ou encore assouvir un désir de vengeance, etc) ou territoire à préserver (défendre sa terre contre les indiens ou sa ville contre des bandits venant perturber l'ordre, etc) renvoie à une sorte d'éthique de l'espace avec laquelle l'Amérique semble historiquement en découdre. JB L'appat L'homme de la plaine 40 tueurs Sur la piste des mohawks |
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