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SEANCES
Mardi
23 mars à 20h30
Dimanche 28 mars à 18h30 |
LA VIE DE O'HARU FEMME GALANTE
(SAIKARU ICHIDAI ONNA)
de
Kenji Mizoguchi
Japon, 1952, 1h58, VOSTF
Avec
Kinuyo Tanaka, Ichiro Sugai, Masao Schimizu, Toshiro Mifune
La première séquence dans la pénombre nous révèle une femme vieillie prématurément, vue le plus souvent de dos. Puis vient un long retour en arrière, vingt ans auparavant qui retrace les étapes de sa dégradation. Fille d'une famille aristocratique, elle a vécu une histoire d'amour avec un jeune homme d'une classe inférieure. Après l'exécution de son amant, elle sera mariée à un riche marchand qui la répudiera après qu'elle lui aura donné un héritier. Puis elle sera vendue comme prostituée par son père avant d'entrer au couvent.
La Vie de O'Haru est une œuvre clé dans la carrière de Kenju Mizogochi et le film qu'il chérissait le plus. Après huit films réalisés pendant l'occupation américaine et qui le laissent insatisfait, il marque le début d'une longue suite de chefs-d'œuvre et de sa reconnaissance internationale. Déclarant qu'aucun artiste n'atteint la grandeur avant l'âge de cinquante ans (il en a cinquante-trois au moment du tournage de O'Har u), il s'arrête de boire et s'attaque à l'adaptation d'un roman picaresque classique de la littérature japonaise du XVIIè siècle, La Vie d'une amie de la volupté d'Ihara Saikaku. Dans les quelques années qui précèdent sa mort en 1956, il signe d'autres chefs-d'œuvre dont l'Intendant Sansho et les Contes de la lune vague contes publiés au XVIIIe siècle par Ueda Akinari. L'ampleur du récit O'Haru une œuvre foisonnante et néanmoins épurée, où le cinéaste nous introduit dans toutes les strates de la société japonaise médiévale tout en dégageant avec clarté la destinée intellectuelle de son héroïne. Mizoguchi se confirme dans O'Haru comme le peintre de la femme dont il chante avec lyrisme les souffrances et les humiliations au sein d'une société patriarcale. |
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