Medea (© DR)

SEANCES

Mercredi 24 mars à 14h30
Samedi 27 mars à 16h30 (projection suivie de 2 conférences)
Dimanche 28 mars à 14h30

MEDEE (MEDEA)

de Pier Paolo Pasolini
Italie/France/All, 1969, 1h50, VOSTF

Avec Maria Calas, Guiseppe Gentile, Laurent Terzieff, Massimo Girotti

Jason, en quête de la Toison d'or, arrive dans l'île où règne Médée, et s'enfuit avec elle en emportant la Toison. Il épouse Médée et en a trois enfants. A Corinthe, elle découvre que Jason la trahit avec la fille du roi et, faisant appel à la magie, tâche d'éliminer sa rivale et égorge ses propres enfants.

Médée, ressort dans les salles. Un film tout aussi mythique que son inspiratrice, Maria Callas, qui incarne à la perfection cette magicienne prêtresse de l'amour absolu. Tout le film marque les oppositions, symboliques ou non, entre le sacré et le profane, le mythe et le fait politique, que le cinéaste n'a jamais cessé de poursuivre dans ses films pour atteindre une synthèse poétique.

"Film sur un monde populaire barbare" , Médée selon Pasolini se veut aux antipodes de la société grecque civilisée. Son univers appartient à un temps qui précède la civilisation. Pasolini refuse l'histoire et se tourne vers le tiers-monde, où le "monde paysan prénatal et préindustriel survit encore". Il entend dénoncer l'acculturation des mondes ouvrier et paysan, réduits au modèle hégémonique de la société de consommation. Car la Médée de Pasolini n'est pas la simple transposition de la pièce d'Euripide mais repose sur un "fondement théorique de l'histoire des religions" . Le cinéaste puise la matière de son film dans les ouvrages d'ethnologie et d'anthropologie de Mircea Eliade, James Frazer ou Georges Dumézil. La première longue tirade du Centaure est ainsi presque entièrement extraite du Traité des religions de Mircea Eliade.

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