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CYCLE
INGMAR BERGMAN
DU 9 AU 29 MARS 2005
« Faire des films, c’est descendre, par ses plus profondes racines, jusque dans le monde de l’enfance. » Ingmar Bergman
Ingmar Bergman est né le 14 juillet 1918 à Uppsala (Suède), d’un père pasteur et d’une mère issue de la grande bourgeoisie suédoise. Déjà célèbre au théâtre, il est embauché en 1942 à la compagnie Svensk Filmindustri, où il écrit pour Alf Sjöberg et Gustav Molander.
Ses débuts de réalisateur (à partir de Crise, 1945) sont influencés par le « réalisme poétique » français et le néoréalisme italien. Après La Prison et La Soif (1949), oeuvres plus personnelles, il rencontre le succès avec des films « estivaux » : Jeux d’été (1951), L’Attente des femmes (1952), Monika (1953).
À la suite de l’échec critique et public de La Nuit des forains (1953), il se tourne vers la comédie : Sourires d’une nuit d’été (1955) est primé à Cannes. Il réalise en 1957 Le Septième Sceau au retentissement mondial bientôt confirmé par celui des Fraises sauvages. En 1960, il remporte un Oscar pour La Source. Suit alors sa « trilogie de chambre » : À travers le miroir (1961), Les Communiants (1962) et Le Silence (1963).
En 1965, il tourne Persona sur l’île désertique de Farö (où il va s’établir), oeuvre majeure sur la difficulté de communiquer et la magie de l’inconscient, réflexions poursuivies dans L’Heure du loup et La Honte (1968). Après une coproduction en anglais, Le Lien (1971), il retrouve le succès international avec Cris et Chuchotements (1972), Scènes de la vie conjugale (1973) et La Flûte enchantée (1975). Film plus « classiquement » bergmanien, Sonate d’automne (1978) confronte Ingrid Bergman et Liv Ullmann dans un cinglant huis clos.
Son dernier film pour le cinéma est l’autobiographique Fanny et Alexandre (1982). Depuis, il se consacre au théâtre, à l’écriture, et reste actif à la télévision : en 2003, il tourne Sarabande qui reprend les deux protagonistes de Scènes de la vie conjugale.
ADRC
« Depuis plus de vingt ans qu’Ingmar Bergman a soi-disant abandonné le cinéma, il n’a cessé de se retrouver sous les feux de l’actualité. Il a continué de mettre en scène au théâtre ; il a tourné plusieurs films pour la télévision, parfois distribués en salle, le plus souvent diffusés dans les festivals ou sur le petit écran ; il a publié des ouvrages mondialement reconnus pour leur valeur littéraire (Laterna Magica, puis Images), et inspiré lui-même une foule d’écrits ; il a continué d’écrire des scénarios que d’autres –Bille August, Daniel Bergman, Liv Ullmann– ont mis en scène avec son approbation ; il a obtenu, de la part de ses confrères, la Palme des Palmes au Festival de Cannes, mais ne s’est pas dérangé pour la recevoir (c’était en 1995, quarante ans après son premier prix cannois, celui de « l’humour poétique » pour Sourires d’une nuit d’été) ; il a fait l’objet de plusieurs reportages, talk shows ou documentaires ; et, surtout, il a constamment alimenté les rumeurs d’un retour au cinéma, bien que son dernier téléfilm, Sarabande, suite très attendue de Scènes de la vie conjugale, tarde à obtenir de sa part l’autorisation de sortir en salle. Tout dernièrement encore, en France, des rétrospectives ont triomphé, à la Cinémathèque française comme au Festival Premiers plans d’Angers. Avec des carrières comme celle-ci, on sait que chaque amoureux du cinéma, d’une décennie à l’autre, peut s’être choisi une oeuvre phare dans sa filmographie… C’est que les angles d’attaque sont infinis pour aborder le cinéma de Bergman. L’écriture dramatique, le jeu de l’acteur, la musicalité, la lumière peuvent être étudiés sans fin, ou encore les rapports avec le théâtre, la sexualité, la politique, la société suédoise ; les clés d’interprétation sont diverses pour en analyser le contenu : philosophie, psychanalyse, sociologie, idéologie, sémiologie.
Parcourir son oeuvre, c’est se pencher sur l’évolution du monde depuis cinquante ans, c’est suivre l’histoire du cinéma depuis la dernière guerre mondiale, c’est accompagner le développement des techniques en même temps que des mouvements de pensée. Tout a bougé avec, autour, et parfois par le cinéma de Bergman : des contraintes de studio au contrôle artistique absolu, du noir et blanc à la couleur, du cinéma à la vidéo, de la modernité affichée à la maturité audacieuse, de la prise de position à la crise de conscience, de l’arrogance à l’autocritique, de l’élan communautaire à l’isolement autarcique… C’est que, pour des centaines de milliers de spectateurs de par le monde, le suédois est avant tout la langue qu’on a entendue dans ses films. Et la Suède, avec son climat et sa culture, sa poésie et ses contradictions, un pays que l’on continue de découvrir en explorant inlassablement son oeuvre. »
N. T. Binh, Les Grands Films Classiques.
« Un film d'Ingmar Bergman, c'est, si l'on veut, un vingt-quatrième de seconde qui se métamorphose et s'étire pendant une heure et demie. C'est le monde entre deux battements de paupières, la tristesse entre deux battements de cœur, la joie de vivre entre deux battements de mains. »
Jean-Luc Godard
La Fontaine d'Arethuse
Crise
Ville Portuaire
Jeux d'été
Monika
Les Fraises Sauvages
Le Septième Sceau
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