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SEANCES
mercredi 16 mars à 14h30
samedi 19 mars à 18h30
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FARGO
de Joel Coen
USA, 1995, 1h38, VOSTF, int -12 ans
avec Frances McDormand, William H. Macy, Steve Buscemi
Jerry Lundegaard vend des voitures d’occasion. Un homme banal
en apparence… sauf qu’il se livre à pas mal de magouilles,
et que, tout d’un coup, il se retrouve criblé de dettes.
Une idée germe dans son esprit : et s’il faisait kidnapper
sa femme, Jean, afin de faire payer une rançon à son riche
papa ? C’est ainsi que Jerry entre en contact avec deux malfrats,
qui acceptent d’exécuter le contrat. Mais rien ne se passe
comme prévu, et le kidnapping se transforme en bain de sang.
C’est alors qu’intervient Marge Gunderson, chef de la police
locale qui, malgré son gros ventre de femme enceinte, se lance
dans l’enquête avec ténacité.
« Dès l’instant qu’apparaît Jerry, sourire
de hamster jovial contredit par un regard douloureux, on sait que ce
benêt n’est pas né sous une bonne étoile.
Tout le contraire du policier Marge Gunderson, épouse heureuse
et future mère comblée, une sorte de Droopy sanglé
dans un uniforme…Ainsi va Fargo, dans une horreur crescendo, mais
loufoque, ponctué par un train-train de petites manies et de
vieilles habitudes. Ces personnages simples pris dans la glace d’une
situation inextricable, puis ces corps en morceaux dans une nature immuable,
finissent par dessiner une vraie tragédie, celle de la violence
banale, donc fatale. Dérive de gens ordinaires, pris dans la
spirale de l’échec : l’échec, ce vieux cauchemar
américain… »
Vincent Remy (Télérama)
« Tout un cinéma du chaos, où le pire l’emporte
trop souvent sur le meilleur (Tarantino, Stone et autres petits malins
d’une part ; de Peckinpah à Scorsese d’autre part),
s’est plu et se plaît encore à donner une version
apocalyptique et braillarde d’un monde insensé, plongé
dans les ténèbres d’un après du sens qui,
par conformisme et par opportunisme, est également un après
du cinéma. A l’inverse, Fargo, sans doute le meilleur film
des Coen avec Miller’s Crossing, propose une version primitive
et silencieuse de cette absence de sens : celle-ci est le fait d’un
ordre pur, d’une souveraineté du monde dont la mise en
scène est l’imperturbable respiration. Désormais,
l’oeuvre des frères Coen est à ciel ouvert. »
Emmanuel Burdeau (Les Cahiers du Cinéma)
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