mars 2005

 
 

Fargo (© DR)

SEANCES

mercredi 16 mars à 14h30
samedi 19 mars à 18h30

FARGO

de Joel Coen
USA, 1995, 1h38, VOSTF, int -12 ans

avec Frances McDormand, William H. Macy, Steve Buscemi

Jerry Lundegaard vend des voitures d’occasion. Un homme banal en apparence… sauf qu’il se livre à pas mal de magouilles, et que, tout d’un coup, il se retrouve criblé de dettes. Une idée germe dans son esprit : et s’il faisait kidnapper sa femme, Jean, afin de faire payer une rançon à son riche papa ? C’est ainsi que Jerry entre en contact avec deux malfrats, qui acceptent d’exécuter le contrat. Mais rien ne se passe comme prévu, et le kidnapping se transforme en bain de sang. C’est alors qu’intervient Marge Gunderson, chef de la police locale qui, malgré son gros ventre de femme enceinte, se lance dans l’enquête avec ténacité.

« Dès l’instant qu’apparaît Jerry, sourire de hamster jovial contredit par un regard douloureux, on sait que ce benêt n’est pas né sous une bonne étoile. Tout le contraire du policier Marge Gunderson, épouse heureuse et future mère comblée, une sorte de Droopy sanglé dans un uniforme…Ainsi va Fargo, dans une horreur crescendo, mais loufoque, ponctué par un train-train de petites manies et de vieilles habitudes. Ces personnages simples pris dans la glace d’une situation inextricable, puis ces corps en morceaux dans une nature immuable, finissent par dessiner une vraie tragédie, celle de la violence banale, donc fatale. Dérive de gens ordinaires, pris dans la spirale de l’échec : l’échec, ce vieux cauchemar américain… »
Vincent Remy (Télérama)

« Tout un cinéma du chaos, où le pire l’emporte trop souvent sur le meilleur (Tarantino, Stone et autres petits malins d’une part ; de Peckinpah à Scorsese d’autre part), s’est plu et se plaît encore à donner une version apocalyptique et braillarde d’un monde insensé, plongé dans les ténèbres d’un après du sens qui, par conformisme et par opportunisme, est également un après du cinéma. A l’inverse, Fargo, sans doute le meilleur film des Coen avec Miller’s Crossing, propose une version primitive et silencieuse de cette absence de sens : celle-ci est le fait d’un ordre pur, d’une souveraineté du monde dont la mise en scène est l’imperturbable respiration. Désormais, l’oeuvre des frères Coen est à ciel ouvert. »
Emmanuel Burdeau (Les Cahiers du Cinéma)

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