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CYCLE
RAINER WERNER
FASSBINDER
DU 8 AU 28 MARS 2006
« En treize années de 1969 à
1982, date de son décès, Rainer Werner Fassbinder réalise,
en intersection avec un important travail d’écriture et
des mises en scène pour le théâtre, quarante et
un films pour le cinéma et la télévision. Il est
pour le moins pertinent de considérer que son œuvre est
toute entière sous-tendue par ce rythme effréné
dont les formes conservent la marque plurielle et complexe. À
un premier niveau, la conséquence de cette cadence est somme
toute la considération d’un état industriel du cinéma
proprement hollywoodien (qui renvoie aux structures économiques
de la société allemande passée et présente)
auquel Fassbinder multiplie les références tout en le
reformulant, films de gangsters plus ou moins épiques (Walsh,
Hawks…), mélodrames (Sirk surtout, mais non loin assurément
les plus sombres Minnelli), et films historiques : en bref des films
populaires, les siens prendront le peuple allemand, s’il existe,
pour motif. L’œuvre alterne, une fois le tremplin des pratiques
artisanales du départ bien mesuré entre des productions
modestement financées évoquant la série B et des
productions plus luxueuses qui nous rappellent autrement qu’Hollywood
n’est jamais loin, surtout en Allemagne (Wim Wenders en sait aussi,
à sa manière, quelque chose). Fassbinder ne s’en
trouve pas moins des affinités (elles sont plus moins explicites
et revendiquées) avec certains de ses contemporains (Glauber
Rocha, Godard, Chabrol, Pasolini…) au point parfois de précipiter,
non pas quelle soit toujours à exclure, une réception
des films en des termes idéologiques et politiques. À
un second niveau, la conséquence de cette suractivité
conduit à considérer que l’importance de l’œuvre
ne tient pas à des considérations qualitatives visant
sa " beauté formelle ou plastique " et que sa réussite
est ailleurs. En ce sens, on pourrait même être tenté
de voir en Fassbinder l’un des rares cinéastes (le seul
?) à avoir visé avec un tant soit peu de sérieux
la notion de "kitsch" (vêtements, meubles et décorations,
télévision, coupes de cheveux, musiques). Expression de
la mesquinerie de la petite bourgeoisie ouest-allemande que les personnages
ne parviennent jamais, au bout du compte, à taire, la force trouble
et contradictoire du cinéma de Fassbinder (compassion, cruauté,
statut ambigu du bourreau ou de la victime) s’affirme dans les
moments où ces "individus" parviennent à nous
toucher. C’est à cette vérité que Fassbinder
suspend dans ses meilleures versions une énergie désespérée
qui est son unique autorité. Enfin, la dernière conséquence,
et pas la moins négligeable, de cette frénésie
créatrice de l’auteur des "Ordures, la ville, la mort"
pourrait être qu’elle a aussi généré
son lot de rebus, naturellement, comme toute industrie. Des films qui
en préparent d’autres sûrement, mais aussi des ratés
qui disent encore son acharnement à être avant tout au
plus plein de son temps. » Jérôme Baron
Le Soldat Américain
Le Marchand des 4 saisons
Martha
Tous les autres s'appellent Ali
Le Droit du plus Fort
L'année des 13 Lunes
Lili Marleen
Lola, une femme allemande
Lola : Les Feux d'Artifices
Conférence : Fassbinder, cinéaste du corps et du désir
entravé
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