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SEANCES
vendredi 2 mars à 18h30
samedi 3 mars à 20h
lundi 5 mars à 18h30
mardi 6 mars à 20h30
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GIRLFIGHT
de Karyn Kusama
USA,
1999, 1h50, VOSTF
Avec
Michelle Rodriguez, Jaime Tirelli, Paul Calderon
Pour Diana, adolescente sombre, maussade
et rebelle, il n'y a pas d'autre alternative pour s'en sortir dans
la vie que de se battre. Un jour, elle découvre l'univers secret
et fascinant d'une salle de boxe de Brooklyn. C'est une révélation,
elle doit percer dans ce monde là... Au-delà de sa portée
féministe - réelle -, Girlfight est avant tout
un admirable portrait d’adolescente.
« Il serait complètement réducteur
de voir Girlfight selon la seule grille de lecture féministe,
ce qui n’empêchera pas les critiques d’extraire
des évidences scénaristiques et de leur donner une
portée politique. Ne soyons pas dupes. Certes Karyn Kusama
asseoit son personnage de boxeuse – qui doit, avant de monter
sur le ring, affronter quelques professeurs machos – avec une
certaine lourdeur. Pourtant cette histoire "de boxe" est
moins une dénonciation – les femmes ne sont pas faites
pour la boxe – que la chronique d’une adolescente mal
dans sa peau. Et bien sûr, les consciences sont marquées
par les plans en noir et blanc d’un ring émergeant dans
la lumière, les combats, truqués, voient la chute du
héros qui s’allonge sous l’œil d’une
mafia payant grassement… Cependant, cette esthétique
se trouve au service d’un tout autre scénario. Ce n’est
pas une descente aux enfers que nous montre la réalisatrice
mais une ascension vers la sérénité. Diane est
une adolescente qui se bagarre dès que l’occasion se
présente. Quand la jeune pimbêche de sa classe la dérange,
elle joue de ses poings mais ne gagne que des heures de colle et
des quolibets. Électron libre dans une société qui
n’a pas de place pour elle, elle promène son regard âpre
et son caractère rugueux, de vengeances en provocation. Quand
elle découvre les cours de boxe en allant y chercher son frère,
elle voit là un moyen d’expier sa haine impérissable
et toujours latente dans les règles d’un art sans compromis.
C’est parce qu’elle apprend les exigences, les règles
et les coutumes d’un sport, parce qu’elle s’affirme
en développant sa force physique, qu’elle s’affirme également
dans la vie, face à son père, à son frère
et à ses amies. Sa force et son mouvement étaient ses
seules façons d’exister dans l’image comme dans
la vie. Ses gestes se règlent bientôt au rythme des
entraînements, et deviennent plus tranquilles plus ordonnés
et moins vindicatifs. Les coups sont implacables, portés par
une prise de parole de plus en plus assumée. Car dans cette
sueur et dans ces affrontements, dans l’apprentissage des tactiques
et de la sagesse sportive, Diane apprend à être adulte
et à se découvrir. Là réside la raison
d’être du film. Alors qu’elle vient de remporter
sa première grande victoire, seule dans les vestiaires, on
la voit peu à peu lâcher son masque, apparaît
alors la petite fille qui pleure les mains à peine sorties
de ses gants de boxe. C’est parce qu’elle enchaîne
les défaites, les victoires et les humiliations sur le ring,
et parce qu’elle accepte d’y prendre des risques, qu’elle
finit par comprendre le monde qui l’entoure, par découvrir
et par accepter l’amour, par grandir, par s’assagir. "Peut-être
la vie n’est la guerre que pendant un temps" dit l’adolescente à la
fin du film. »
Anne-Laure Bell, Fluctuat.net
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