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SEANCES
mercredi 21 mars à 21h
vendredi 23 mars à 22h
mardi 27 mars à 18h30
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JUGATSU (BOILING POINT)
de
Takeshi Kitano
Japon, 1990, 1h30, VOSTF, interdit -12 ans
Avec
Takeshi Kitano, Masahiko Ono, Minoru Iizuka
Masaki est un jeune pompiste d’une mollesse sans égale dont la principale
activité, hormis se faire insulter et frapper, est de rester sur le banc
des remplaçants de son équipe de base-ball à regarder le
sol. Mais, probablement pour la première fois de sa vie, Masaki réagit à une
insulte et frappe son interlocuteur. Malheureusement pour lui, l’insulte
provenait d’un yakusa...
« Dans cet inquiétant film d’apprentissage,
il est beaucoup question de coups. Coups reçus et coups donnés, tout le long d’un récit
en crochets qui cherche à définir les lois physiques et morales
permettant de passer des premiers aux seconds. L’épreuve est relevée
par un jeune pompiste du nom de Masaki. Construite en deux parties avec épilogue à la
clé, l’histoire de Jugatsu est celle de quelques personnages qui
tournent en rond dans un monde qui ne tourne pas rond. La première partie
se déroule donc à Tokyo, sous le signe privilégié du
base-ball, condensé idéal des deux motifs : la frappe et
la circularité de la course. Mais Masaki, qui s’initie non sans
apathie aux règles de ce sport, voudrait aussi en connaître les
finalités. C’est là son drame. Car, une fois acquis le
principe selon lequel on frappe pour mieux courir, il veut encore savoir pourquoi
l’on court. Le film lui offre en guise de réponse une démonstration
par l’absurde que la vie est une continuation du base-ball par d’autres
moyens. Celui des armes à feu par exemple. (…) La seconde partie
du film est la chambre d’écho de la précédente,
poussé à un tel paroxysme de réverbération qu’elle
finit par s’en détacher. Pris en charge par un yakusa complètement
givré (interprété par Kitano (…) et en rupture
de ban avec son clan, les jeunes gens sont conviés à une errance
d’autant plus irréelle qu’elle semble préfigurer,
en leur présence, le destin qui les guette. De bars de nuit en jeux
de plage, de clowneries gratuites en mises à l’épreuve
sadiques, rien n’est moins anodin que cette entrée en scène
du cinéaste sous les traits d’un fou furieux. Kitano y fait sans
crier gare subir au récit ce que son personnage propose aux adolescents :
un dérèglement délibéré de la raison, une
dilatation hallucinée de l’action, une révolte contre l’inféodation
scénaristique. En un mot, dans un somptueux feu d’artifice de
cruauté, de burlesque et de beauté, une leçon suprême
de liberté. Et à la différence du crime, rien ne sert
de chercher à savoir à qui profite la liberté. » Jacques
Mandelbaum, Le Monde
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