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SEANCES
mercredi 21 mars à 18h30
samedi 24 mars à 20h
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LES
HABITANTS
de Alex Van Warmerdam
Hollande,
1992, 1h48, VOSTF
Avec
Leonard Lucieer, Jack Wouterse, Rudolf Lucieer, Alex van Warmerdam, Annet Malherbe
Une femme qui sur les conseils d’une
statue de Saint François se prive de nourriture pour plaire
au Seigneur. Un enfant qui fasciné par la guerre civile au Congo
se déguise en Noir et se fait appeler Lumumba. Un facteur des
plus indiscrets, un garde chasse myope et stérile, un boucher à l’appétit
sexuel débordant qui ne manque pas d’imagination pour
capturer ses proies. Voici quelques éléments d’une
comédie des plus insolites sur la vie des habitants d’un
lotissement perdu, dans le Nord de l’Europe.
« Les Habitants a un grand sens de l'espace,
ou plutôt
du vide, et est réalisé avec beaucoup d'élégance. »
The
Observer
« Cette rue a (…) quelque chose de "mondrianien",
comme la répartition des surfaces entre les fenêtres.
Disons que le film a eu Mondrian pour dramaturge... »
Alex
Van Warmerdam
« Il y a du Tati, qu’Alex Van Warmerdam
admire, dans le décor de ce film-là. Une plaine gommée
de tout relief, et, au milieu, une ville d’une seule rue. Uniformité et
anonymat apparents derrière toutes les façades. Maisons,
petits immeubles se colorent de façon uniforme d’un orange
hollandais. Seules, pour emprunter à un chanteur d’un autre
plat pays, les fenêtres nous guettent. Fenêtres des habitants.
Fenêtres de l’école ouvertes sur la rue. Devanture
du boucher. Le lotissement comme le microcosme le plus caractéristique
de nos villes éclatées en centres et banlieues. Un arrêt
de bus, planté là, un arrêt de bus qui ne sert que
pour un départ à la messe collectif. Une improbable ouverture
pour l’ailleurs dans un monde clos. Au bout de la rue, une bétonnière
délaissée, les traces d’un chantier jamais achevé.
La ville faite de constructions nouvelles n’a jamais pris son essor,
elle a stagné à l’état de village malgré sa
modernité. Mais un village incomplet, village sans église
et sans passé, un village sans âme, un endroit sans trace
qui est à lui seul comme une métaphore de nos société contemporaines.
Et puis tout près, il y un petit bois, planté d’arbres
rectilignes, qui enserre en son sein une petite mare. Un petit bois très
ordinaire qui symbolise pourtant à lui seul, dans l’apparente
asepsie de ce monde recroquevillé sur lui-même, le sauvage,
le fantasme, la transgression. Ce bosquet banal est la forêt de
l’univers des contes auxquels Alex Van Warmerdam emprunte avec
jubilation. L’endroit est coupé du monde en son apparente
banalité. Un chemin mal carrossé en constitue l’unique
voie d’accès et de départ, un chemin sans importance
et sans trafic. Réunis, ces éléments forment un
univers concis, chargé de sens et de symbolique, au sein duquel
Alex Van Warmerdam peut laisser éclater verve et débauche
d’invention, et dans lequel on peut à nouveau retrouver
ses liens avec le théâtre. »
Filparp, Version
originale
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