| |

SEANCES
mardi 13 mars à 20h30
dimanche 18 mars à 18h30
|
M
LE MAUDIT
de Fritz Lang
Allemagne,
1931, 1h45, VOSTF
Avec
Peter Lorre, Otto Wernicke, Ellen Widmann, Gustaf Gründgens, Inge Landgut
Un sadique assassine des petites filles.
La pègre et la police se mettent à le
rechercher... Souvent présenté comme une parabole de l’Allemagne
pré-nazie, la puissance de M le Maudit tient moins à son aspect
documentaire qu’à l’imagination poétique et visuelle
du cinéaste. Car si le style est plus réaliste, il est encore fortement
marqué par l’expressionnisme.
« Le premier film parlant de Lang est aussi l’avant-dernier
qu’il réalisa en Allemagne. Tourné sous le titre
initial Mörder unter uns (Les Assassins sont parmi nous), il attira
l’attention des nazis qui, se sentant visés, tentèrent
de le faire interdire. Pourtant, Lang s’attachait avant tout à une
réflexion sur le crime et s‘inspira du cas authentique
de Kürten, "le Vampire de Düsseldorf". De ce point
de vue, on peut considérer le film comme une remarquable reconstitution
d’un cas pathologique en même temps que la description
précise des méthodes d’investigation policières
et du milieu de la pègre. Si le portrait social et moral de
l’Allemagne de Weimar est hallucinant, il ne faudrait pas extrapoler à l’excès
l’ambition consciente de Lang, qui vise bien moins ici à dénoncer la
montée du nazisme qu’il ne le fera dans Le Testament du
docteur Mabuse. Mais la puissance d’évocation de M tient
moins à cet aspect documentaire qu’à l’imagination
poétique et visuelle du cinéaste. Si le style est plus
réaliste, il est encore fortement marqué par l’expressionnisme.
La mise en scène est conçue comme un immense piège
qui enserre peu à peu le maudit. Ombres et lumières,
grilles, lignes, angles aigus, cercles, miroirs agressent et cernent
l’assassin dans le labyrinthe d’un destin qui, pour n’être
plus exclusivement externe, comme dans Les Trois lumières ou
les Niebelungen, n’en est pas moins implacable. Par sa souplesse
d’écriture et ses thèmes (l’homme double
et traqué, l’hystérie de la foule, la vengeance…),
M annonce les grandes œuvres américaines de Lang et leur
univers infernal, soumis à la nécessité et voué à la
mort. »
Joël Magny, critique aux Cahiers du cinéma
|
|