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SEANCES
mercredi 14 mars à 15h
dimanche 18 mars à 16h30
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ŒDIPE
ROI (ŒDIPO REX)
de Pier Paolo Pasolini
Italie,
1967, 1h50, VOSTF
Avec
Pier Paolo Pasolini, Franco Citti, Alida Valli, Silvana Mangano, Carmelo
Bene, Julian Beck
Dans une famille bourgeoise de Lombardie
des années vingt, un enfant naît, Œdipe.
Jaloux de l'amour que lui porte sa femme, son père l'abandonne. Devenu
adulte, Œdipe, ignorant sa véritable identité, tue son père
et s'éprend de sa mère sans savoir qui elle est… Magnifique
illustration d'un mythe universel que Pasolini maîtrise et transcende à merveille.
« Du mythe d’Œdipe, Pasolini nous offre
trois traductions conjointes : trois illustrations de la tragédie à des époques
différentes. En prologue les années 30 ; une ville
de la province italienne ; la raison obscure de la culpabilité d’Œdipe
s’enracine au plus profond de la chair de l’homme, dans
les rapports sexuels qui lient entre eux le mari et la femme, et
le couple et l’enfant ; c’est le volet Freud. Le drame
: l’Antiquité "préhistorique" ; la
Grèce des hommes et des dieux, Pasolini raconte "l’affaire" ;
c’est le volet Sophocle. En épilogue : aujourd’hui
; l’Italie industrielle ; au malheur d’Œdipe, mendiant
aveugle errant à Colone, Pasolini donne une résonance
moderne : il suggère les équivalences politiques et
sociales du malheur d’être homme, de sa misère "innocente" et
de l’obscure culpabilité de son aveuglement ; c’est
le volet Marx »
Jean-Louis Bory
« Un prologue
muet reconstitue par quelques épisodes
la petite enfance de Pier Paolo Pasolini dans les années 20 à l'époque
de son complexe d'Œdipe : le père, jeune officier jaloux
de l'amour que sa femme porte à leur fils, serre un soir les pieds
de l'enfant jusqu'à le faire pleurer. La légende d'Œdipe
roi de Thèbes est ensuite relatée, depuis son abandon dans
le désert jusqu'à la découverte finale de l'inceste
involontaire, et le départ pour l'exil du roi maudit qui, par
son accouplement contre nature a apporté la peste dans le royaume.
En marchant, Œdipe, qui s'est crevé les yeux, et le messager
du royaume se retrouvent sous les arcades dites de la Mort à Bologne,
en 1967, comme deux vagabonds : l'infirme joue de la flûte, ils
traversent quelques lieux urbains puis on aboutit à la campagne,
dans le pré où la mère donnait le sein à son
bébé dans le prologue. Le film est articulé en trois
volets. Un prologue par lequel Pasolini introduit à son récit
une note autobiographique, décrit la scène primitive et
la violence du père, qui, accusant son enfant d'être venu
au monde pour le "rejeter dans le néant", le pend par
les pieds pour le castrer ; c'est le volet freudien. Le "volet Sophocle" nous
plonge dans un Maroc de déserts blancs et rocailleux, une Afrique
qui renvoie à la sauvagerie de la Grèce mythologique et à l'esthétique
d'un Pasolini hanté par la culture populaire, primitive, avec
ses teintes ocres et sang séché, ses armures de quincaillerie
et ses masques de coquillage et de rafia. Le troisième volet,
d'inspiration marxiste, situe Œdipe dans un schéma social,
politique et existentiel. Le mythe est ramené à la dimension
humaine. C'est l'éternelle histoire de la victime à la
recherche de la vérité, du bourgeois parricide qui s'engage
aux côtés des prolétaires. La quête de purification
d'Œdipe, son autopunition, prend évidemment une dimension
tragique lorsque l'on sait ce que le destin a réservé à l'auteur
du film. »
Ciné-club de Caen
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