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SEANCES
jeudi 22 mars à 18h
SÉANCE SUIVIE D’UNE DISCUSSION ANIMÉE PAR LE COLLECTIF
NANTAIS DE LA SEMAINE D’ÉDUCATION CONTRE LE RACISME
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LE
PLAFOND DE VERRE / LES DÉFRICHEURS
de Yamina Benguigui
France,
2005, 1h44, documentaire
Le taux de chômage des jeunes diplômés
issus de l'immigration est 3 fois plus élevé que celui
de la moyenne nationa- le. Ce "plafond
de verre" invisible et insidieux ne peut être assimilé à un
racisme affiché, mais à une discrimination rampante qui s'appuie
sur un faisceau informel d'apriorismes, empêchant d'accéder au système
méritocratique.
« À partir d'une grande diversité de
témoignages, Yamina Benguigui pose des questions avec une
saine frontalité : dans un système où prime
la cooptation, que peuvent l'université et ses diplômes
pour des enfants d'immigrés de la première génération,
ouvriers ou chômeurs, qui ont grandi dans des cités-ghettos ?
Que reste-t-il de la méritocratie républicaine, quand
les portes des entreprises s'ouvrent d'abord aux diplômés
d'écoles de commerce dont ils n'ont pas les moyens de payer
les droits d'entrée ? Quelle chance ont-ils en envoyant une
candidature quand des directeurs des ressources humaines admettent
qu'éliminer les noms à consonances maghrébine
et africaine fait partie d'une stratégie de réduction
des risques ? Comment interrompre cette logique qui pousse ces
diplômés à renoncer à leurs ambitions
pour accepter de se reconvertir dans des métiers manuels ?
La réalisatrice a aussi rencontré des individus qui
ont forcé leur chance, et occupent aujourd'hui des postes à responsabilité (limitée)
dans des entreprises françaises – des filiales du groupe
Pinault-Printemps-Redoute en l'occurrence, dont le PDG François
Pinault (qui est aussi actionnaire du Monde) est membre fondateur
d'une association d'entreprises oeuvrant à la promotion de
l'égalité des chances. Conscients d'être des
exceptions, d'avoir lutté beaucoup plus que tous les autres
pour arriver où ils en sont, ils n'ont aucune illusion sur
le fait que leur progression est plafonnée. Plus terrible,
ils admettent qu'en intégrant l'entreprise ils ont eux-mêmes
tendance à intégrer sa logique non dite de discrimination. » Isabelle
Regnier, Le Monde
« Les enfants et petits-enfants
des immigrés arrivés
en France dans les années 50 ont pu, grâce à l’école
publique, accéder au savoir, acquérir des diplômes
et envisager une véritable carrière professionnelle. Pourtant
la première partie du Plafond de verre insiste sur le fait que
le taux de chômage des jeunes diplômés issus de l’immigration
est trois fois plus élevé que celui de la moyenne nationale.
Victimes d’une discrimination invisible, liée aux préjugés
raciaux hérités du colonialisme, ils ne peuvent, à diplôme égal,
accéder au système méritocratique, pilier de notre
République. Le Plafond de verre c’est le racisme invisible
auquel se heurtent ces jeunes diplômés. Pourtant, dans une
deuxième partie intitulée Les défricheurs, Benguigui
montre des gens qui ont réussi malgré tout. Elle insiste
alors avec intelligence sur le rôle primordial de l’entreprise,
creuset symbolique qui parvient, grâce au travail, à rassembler
toutes les composantes de la société et à donner
le sentiment d’appartenir à une nation. »
Chloé Larouchi,
Critikat
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