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SEANCES
Jeudi 27 mars à 21h
Samedi 29 mars à 21h
FILM DIFFUSÉ AVEC LA COQUILLE ET LE CLERGYMAN
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UN
CHIEN ANDALOU
de Luis Buñuel
France, 1928,
17 min, muet
Avec Luis Buñuel, Pierre Batcheff, Simone Mareuil, Salvador
Dali
Succession d'images hallucinées pour un célèbre chef d'œuvre du
cinéma surréaliste : un oeil tranché au rasoir, une main prise dans
une porte, un amoureux transi traînant son passé, un individu enfermé
avec son double, des pianos remplis d'ânes morts, des potirons ou encore
deux amants dévorés sur une plage par des insectes... Le premier film
de Buñuel en collaboration avec Salvador Dalí, est le manifeste d'une
génération tenaillée entre l'espoir du beau et le désespoir du réel.
«Si
la vie n'était pas un songe, comment expliquer qu'elle vire si souvent
au cauchemar ? C'est la question que se pose une majorité d'artistes
égarés au sortir de 14-18, la première boucherie humaine à échelle
planétaire. En réaction à ce fondamentalisme nihiliste d'une civilisation
(occidentale) capable de remplir des fossés de millions de cadavres,
se dresse un autre fondamentalisme, esthétique celui-là, le surréalisme.
Un nihilisme qui affirme que "la beauté
sera convulsive ou ne sera pas" (Breton). La guerre a gagné
la matrice même du beau, désormais convulsif. Dernière illusion avant
liquidation, on croit encore en la modernité. L'art est mort, affirmait
dada ? En voici le manifeste. Buñuel et Dalí, esthètes révoltés qui
se sont rencontrés à la Residencia de estudiantes, à Madrid, sont
fascinés par les capacités hypnotiques du cinéma. Ils trouvent dans
ce support un moyen idéal pour traduire un dégoût profond pour cette
civilisation (occidentale) affamée de catastrophes. Avec l'argent
de sa mère, convaincu que "les idées traditionnelles sur l'art
appliquées à l'industrie sont monstrueuses", Buñuel réalise
avec Dalí ce pamphlet prémonitoire. Voici des images qui jaillissent
d'un électrochoc. Deux cadavres d'âne en putréfaction sur deux pianos.
Un œil tranché. Des fourmis. L'art est mort : grouillez, vermines.
Le Paradis ne sera jamais de ce monde. Avance, pauvre bourrique :
les fleurs finissent bien par pousser sur les cadavres. Et les périls
ne cesseront de monter en ces années qui ne cesseront plus d'être
désespérément folles. »
Luc Arbona, les Inrockuptibles
« La première séquence
d’ « Un chien andalou » est
l’une des plus célèbres du septième art : un homme (Buñuel en
personne) aiguise son rasoir sur un balcon. Un nuage vient couper
la lune en deux et, soudain, l’œil d’une femme est tranché par le
rasoir… chef d’œuvre du cinéma surrélaiste, ce premier film de Buñuel,
écrit et réalisé avec Salvador Dali, cherche littéralement à dessiller
les yeux du spectateur pour qu’il puisse distinguer ce qu’il ignorait
ou refusait de voir. Tentative onirique de représenter la solitide
du désir sexuel, le film s’interdit toute règle rationnelle et temporelle.
Intitulé, à l’origine, Interdit de se pencher au-dedans,
le film exprime la volonté, omniprésente dans l’œuvre de Buñuel,
de subvertir le réel. »
Xavier Lardoux, Télérama
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