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SEANCES
Jeudi 27 mars à 21h
Samedi 29 mars à 21h
FILM DIFFUSÉ AVEC UN CHIEN ANDALOU
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LA
COQUILLE ET LE CLERGYMAN
de Germaine
Dulac
France, 1928, 17 min, muet
Avec Alex Allin,
Genica Athanasiou, Lucien Bataille
Sur un scénario d’Antonin
Artaud, ce film conte l’histoire d’un clergyman tombé follement amoureux
d'une très belle femme, mais qui doit vaincre un rival, tout aussi
empressé.
« Tout mon effort a été de rechercher dans l’action
du scénario d’Antonin Artaud les points harmoniques, et de les relier
entre eux par des rythmes étudiés et composés. Tel par exemple le début
du film où chaque expression, chaque mouvement du clergyman sont mesurés
selon le rythme des verres qui se brisent ; tel aussi la série des
portes qui s’ouvrent et se referment, et aussi le nombre des images
ordonnant le sens de ces portes qui se confondent en battements contrariés
dans une mesure de 1 à 8.
Il existe deux sortes de rythmes. Le rythme de l’image, et le
rythme des images, c’est-à-dire qu’un geste doit avoir une longueur
correspondant à la valeur harmonique de l’expression et dépendant
du rythme qui précède ou qui suit : rythme dans l’image. Puis rythme
des images : accord de plusieurs harmonies. Je puis dire que pas
une image du Clergyman n’a été livrée au hasard. »
Germaine
Dulac, Rythme et technique, FilmLiga, 1928
« Ne prend-elle
pas des risques en mettant en images un scénario écrit par Antonin
Artaud, La coquille et le Clergyman ?
Chacun habité par sa propre vision du monde et sa façon de le traduire,
le résultat ne pouvait être que conflictuel. Il l’est lorsque le
film sort, le 9 février 1928, au studio des Ursulines, haut-lieu
de l’avant-garde cinématographique d’alors.
Les surréalistes,
venus soutenir Artaud, font un joli chahut, agrémenté d’insultes
du genre « Germaine Dulac est une vache ». Quant
aux autres spectateurs, ils sont déroutés par cette œuvre de 20 minutes
où les « idées et les sensations doivent naître de la seule suggestion
des images ». Et Germaine Dulac de préciser « Ce film ne raconte
pas une histoire, mais développe une suite d’états d’esprit qui se déduisent
les uns des autres. Comme la pensée se déduit de la pensée, sans que
cettpensée reproduise la suite raisonnable de faits. »
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