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SEANCES
Jeudi 28 février à 18h30
Samedi 1er mars à 21h
Samedi 8 mars à 18h30
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RAGING
BULL
de Martin
Scorsese
USA, 1980, 2h09, VOSTF
Avec Robert De Niro, Cathy Moriarty, Joe Pesci, Frank Vincent, Johnny
Barnes, Louis Raftis
La course vers l’abîme de Jake LaMotta, champion
de boxe, homme corrompu et violent, qui doit toucher le fond de la
déchéance en prison avant de se reconvertir dans le show business.
«
Un film admirable. Le récit est dense, cru, impitoyable dans sa démarche
réaliste (avec une ouverture "poétique"). On
voit la boxe moins comme un sport que comme un milieu douteux.
Le "noble art" nous est montré comme un enfer. Martin Scorsese
semble nous proposer une lecture mystique de cette destinée qui devient
une parabole du péché et de la grâce. Rien de péremptoire ne nous
autorise à adopter cette optique, sinon un texte de Saint Jean placé
tout à la fin du film et les déclarations de Scorsese lui-même. Quoi
qu’il en soit, Raging Bull est autre chose que la biographie romancée
d’un boxeur célèbre et déchu. L’émotion qui nous étreint à l’épilogue
n’est pas épidermique. »
Gilbert Salachas, Télérama
« Le grand talent de Scorsese,
c'est son sens de la quête. Ancien séminariste, il renonce à la prêtrise
pour se lancer dans le cinéma. Et accepte certaines commandes pour
financer des projets qui l'obsèdent, comme La Dernière Tentation
du Christ, opus majorum, les derniers instants du Christ sur la croix.
On se souvient du tohu-bohu provoqué par le film à sa sortie, en
1988. Une "moral majority" américaine
(dominée par la très sectaire et très puritaine Eglise évangélique)
se scandalisa de cette représentation du Christ dans sa nature irréductiblement
humaine de chair, de doutes et de douleur. Huit ans plus tôt, nous
sommes avec Raging Bull dans la même problématique. Prenant comme
fil directeur le thème de l'Ecclésiaste
– "that's all entertainment"/vanité des vanités –,
Scorsese retrace la carrière du célèbre poids moyen d'origine italienne
Jake La Motta. Il travaille
à même la chair de son acteur fétiche Robert De Niro, qui prend
vingt kilos pour les besoins du film et change littéralement de gueule.
La performance est ahurissante. Scorsese porte à son sommet l'art
de filmer la boxe. Il fait du travelling en plan séquence, du vestiaire
jusqu'au ring, un lieu commun cinématographique. SPLAAASHHH ! Et
sang, sueur, salive d'éclabousser l'écran. La lumière crépitante
des flashs, les cris de la foule furieuse qui se lève et hurle...
Le boxeur qui s'écroule sur ce ring/Golgotha, K.O. au sommet de cette
montagne, pris par le vertige de la célébrité, des négoces louches
et de la frustration sexuelle. Ascension et déchéance : Scorsese
filme l'homme qui tente de se relever au milieu de cette tempête
aveuglante des passions. Ecce homo. »
Luc Arbona, Les Inrockuptibles
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