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SEANCES
jeudi 17 novembre à 20h
LEÇON DE CINEMA avec PHILIPPE ORTOLI
Enseignant à l’Université Paris VII et à
l’Université de Poitiers
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SUEURS FROIDES (VERTIGO)
de Alfred Hitchcock
USA, 1958, 2h06, VOSTF
avec James Stewart, Kim Novak, Barbara Bel Geddes, Tom Helmore
Scottie Ferguson, ancien inspecteur de police, est sujet au vertige
depuis qu'il a vu mourir son collègue. Elster, son ami, le charge
de surveiller sa femme, Madeleine, ayant des tendances suicidaires.
Amoureux de la jeune femme Scottie ne remarque pas le piège qui
se trame autour de lui et dont il va être la victime...
« ‘Vertige’… Déséquilibré,
aspiré, le spectateur tombe profondément dans un étouffant
mystère. Celui du corps, double, ambigu. Celui des âmes,
ténèbres obstinées de la passion amoureuse, de
la trahison. Sur la magnifique musique de Bernard Herrman, Hitchcock
ouvre un gouffre subtil, lente et terrible avalanche de trompe-l’œil.
Le doute gangrène tout, le décor, majestueuse promenade
dans San Francisco et ses environs, les personnages, de l’apparente
rigidité de James Stewart aux deux visages de Kim Novak. Reste
le suspense, épuré, nu comme une charpente. Trouble discours
sur la passion, sur l’illusion amoureuse, le film joue avec ironie
sa partition de mort et d’angoisse. Dans cette œuvre, «
nécrophile » selon le maître lui-même, le cinéma,
art trompeur et fascinant par excellence, abat ses cartes : la duperie
dont le héros est victime ressemble à la nôtre,
public crédule. Son entêtement à ressuciter le fantôme
de sa folie est celui d’un réalisateur. Hitchcock propose
un malicieux jeu de miroirs, mais ne donne aucune clé. Il brouille
les pistes, pervertit toute interprétation préfabriquée.
Sueurs froides se savoure avec amertume, comme un brouet maléfique
et génial. »
Cécile Mury, Télérama
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