novembre 2005

 
 

Vertigo (© DR)

SEANCES

jeudi 17 novembre à 20h

LEÇON DE CINEMA avec PHILIPPE ORTOLI
Enseignant à l’Université Paris VII et à l’Université de Poitiers

SUEURS FROIDES (VERTIGO)

de Alfred Hitchcock
USA, 1958, 2h06, VOSTF

avec James Stewart, Kim Novak, Barbara Bel Geddes, Tom Helmore

Scottie Ferguson, ancien inspecteur de police, est sujet au vertige depuis qu'il a vu mourir son collègue. Elster, son ami, le charge de surveiller sa femme, Madeleine, ayant des tendances suicidaires. Amoureux de la jeune femme Scottie ne remarque pas le piège qui se trame autour de lui et dont il va être la victime...

« ‘Vertige’… Déséquilibré, aspiré, le spectateur tombe profondément dans un étouffant mystère. Celui du corps, double, ambigu. Celui des âmes, ténèbres obstinées de la passion amoureuse, de la trahison. Sur la magnifique musique de Bernard Herrman, Hitchcock ouvre un gouffre subtil, lente et terrible avalanche de trompe-l’œil. Le doute gangrène tout, le décor, majestueuse promenade dans San Francisco et ses environs, les personnages, de l’apparente rigidité de James Stewart aux deux visages de Kim Novak. Reste le suspense, épuré, nu comme une charpente. Trouble discours sur la passion, sur l’illusion amoureuse, le film joue avec ironie sa partition de mort et d’angoisse. Dans cette œuvre, « nécrophile » selon le maître lui-même, le cinéma, art trompeur et fascinant par excellence, abat ses cartes : la duperie dont le héros est victime ressemble à la nôtre, public crédule. Son entêtement à ressuciter le fantôme de sa folie est celui d’un réalisateur. Hitchcock propose un malicieux jeu de miroirs, mais ne donne aucune clé. Il brouille les pistes, pervertit toute interprétation préfabriquée. Sueurs froides se savoure avec amertume, comme un brouet maléfique et génial. »
Cécile Mury, Télérama

  haut de la page
retour