| |

SEANCES
Mercredi 1er novembre à 18h30
Vendredi 3 novembre à 20h30
Lundi 6 novembre à 20h30
(+ leçon de cinéma)
vendredi 10 novembre à 18h30
samedi 11 novembre à 20h
SORTIE NATIONALE
LA SÉANCE DU LUNDI 6 NOVEMBRE À 20H30 SERA SUIVIE D’UNE
LEÇON DE CINÉMA SUR LE CINÉMA DES FRÈRES QUAY PAR THIERRY
MÉRANGER, RÉDACTEUR AUX CAHIERS DU CINÉMA : « POURQUOI
ET COMMENT LES FRÈRES QUAY CHERCHENT-ILS À PIÉGER LA FICTION
TRADITIONNELLE DANS L’UNIVERS CLOS DE L’EXPÉRIMENTATION ANIMÉE ? »
|
L'ACCORDEUR DE TREMBLEMENTS DE TERRE
(THE PIANO TUNER OF EARTHQUAKES)
de Stephen et Timothy Quay
Grande-Bretagne/Allemagne/France, 2005, 1h39, VOSTF
Avec
Amira Casar, Assumpta Serna, Gottfrried John, Cesar Sarachu
Emporté par une passion dévorante mais non partagée, le
Dr. Emmanuel Droz, neurologue méphistophélique et inventeur ayant
découvert le secret de la résurrection, veut s’unir à jamais à la
femme qu’il aime, la belle cantatrice Malvina van Stille. Afin de réaliser
son dessein, il la tue, l’enlève, puis la maintient dans un état
de mort apparente. Felisberto, l’accordeur de piano, découvre peu à peu
l’intention du docteur : mettre en scène un "opéra
diabolique" qui enchaînera la destinée de Malvina…
« En tant que producteur exécutif de L'Accordeur
de tremblements de terre, j’aimerais vous rappeler les extraordinaires
et uniques talents que sont les frères Quay. Au cours des années,
leur travail au cinéma n’a cessé d’explorer le "fantastique" d’une
manière totalement nouvelle et merveilleuse. L’un de leurs
films (mon préféré), La Rue des crocodiles,
est d’ores et déjà considéré comme un
classique. Leur premier long-métrage Institut Benjamenta est
devenu un film culte. Les spectateurs d’aujourd’hui ont envie
de quelque chose de différent, de quelque chose de nouveau, quelque
chose qui les arrache au cycle répétitif des "produits" hollywoodiens
qui essaie de les transformer en de décérébrés
mangeurs de pop-corn soumis. Le succès croissant de films indépendants
ne fait que confirmer le fait que les spectateurs cherchent une possibilité de
découvrir des univers plus stimulants, exactement ce que propose
le cinéma des frères Quay. Nous étions nombreux à attendre
impatiemment - et depuis bien trop longtemps - ce deuxième long-métrage
des frères Quay, une oeuvre étincelante assurée de
déclencher une onde de choc de par le monde. »
Terry
Gilliam.
« Leur cinéma est avant tout un laboratoire
des rêves. La mélancolie maladive qui imprégnait
déjà Institut Benjamenta, adapté en
1995 du récit de Robert Walser, émettait un signe que
cet Accordeur de tremblements de terre (…) vient
valider : les Quay sont des descendants des décadents fin
de siècle. Leur ancrage anglo-saxon les inscrit dans une tradition
préraphaélite, parsemée d'Ophélie noyées.
Par-delà cette passion mortifère pour les filles brunes à teint
de lait, il y a plus inquiétant encore ; les jumeaux parfaits
ont une vision définitivement symboliste de l'humain et de
la marche de l'univers : l'humain devrait prendre pour modèle
l'automate, et le cosmos tient peut-être dans la main, à la
façon de ces boules de verre qui quand on les renverse laissent
retomber une neige artificielle. Nous les hommes, petites mécaniques
remontées, sommes les ressorts d'une cosmologie miniature.
Toute machine cachant un créateur non plus divin mais savant,
il était temps que les Quay fassent le portrait d'un démiurge
mégalomane, incurable dément dont l'intelligence emportera
la mécanique à sa perte. Etat fantomal. L'Accordeur
de tremblements de terre ne raconte pas autre chose en prenant
pour prétexte la passion dévorante que le neurologue
Emmanuel Droz voue à la cantatrice Malvina Van Steele (jouée
par une Amira Casar au sommet de sa photogénie). (…)
Il faut prendre très au sérieux les frères Quay
quand ils prétendent que ce film, qui se présente officiellement
comme "librement inspiré de L'Invention de Morel,
de l'Argentin Adolfo Bioy Casares" se retrouve au final être
plus proche du Voyage au centre de la terre de Jules Verne. Morel est
un récit du milieu du XXe siècle et les Quay ont subi
une attraction presque fatale émise depuis le XIXe. Leur filmographie
entière bout à bout prendra un jour l'allure d'un cabinet
d'amateur dont cet Accordeur sera sinon la grande oeuvre,
du moins l'un des pans les plus synthétique. »
Philippe
Azoury, Libération
« Imaginez un cocktail improbable
de Jules Verne, de Méliès,
de littérature fantastique et de peinture romantique et vous aurez
une petite idée de la fantasmagorie à l’écran.
Chaque plan, extrêmement élaboré, est une invitation
au songe poétique. C’est un univers cotonneux, où les
automates semblent faits de chair animale, où les humains cheminent
tels des spectres. Le décor tient tantôt d’une maison
de poupées, tantôt du paysage infini, avec la forêt
et l’océan aux alentours. Pour apprécier cette beauté bizarre,
cette féerie teintée d’érotisme languide,
il faut accepter de se perdre et de perdre la raison le temps d’un
moment délicieux. (…) On reste (…) subjugué par
la richesse du tableau, synthèse d’éléments
disparates et surannés, mêlant des références
qui tiennent plus de la fin XIXe que du XXIe. Le tout sans grandiloquence,
sans effets spectaculaires, avec une confiance apaisante dans l’hypnose
primitive provoquée par le cinématographe d’antan. »
Jacques
Morice, Télérama
|
 |