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SEANCES
Mercredi 1er novembre à 16h30
Samedi 4 novembre à 20h30
Mercredi 8 novembre à 18h30
Dimanche 12 novembre à 16h30
RÉÉDITION
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BABY BOY FRANKIE (BLAST OF SILENCE)
de
Allen Baron
Etats-Unis, 1961, 1h17, VOSTF
Avec Allen Baron, Molly
McCarthy, Larry Tucker, Peter Clume, Danny Mechan
Retiré des affaires depuis quelque temps, Frankie Bono,
tueur à gages,
revient à New York pour un dernier contrat : l’assassinat
d’un gangster de moyenne envergure. Lors de la traque, alors
qu’il s’emploie à éviter tout contact avec
sa future victime, il est reconnu par un de ses anciens amis de l’orphelinat
dans lequel ils ont été élevés. Le calme,
le manque d’ambition et la routine de cet ancien ami contrastent
sérieusement avec la vie solitaire de Bono. Excédé et
distrait, Bono commet une nouvelle erreur…
« Allen Baron est un type qui a voulu jouer au cinéma
comme il l'entendait (avec nervosité et sarcasme), a perdu (du
point de vue de l'industrie) et a passé les trente dernières
années à se refaire à ses yeux en signant des épisodes
pour des séries telles que La Croisière s'amuse, Drôles
de dames, Shérif fais-moi peur ou la génialissime Ile fantastique.
(…) Blast of Silence (…) a eu un prix à Locarno
en 1961, mais n'a jamais été repéré en France.
Aux Etats-Unis, sa férocité fauchée, sa démarche
pessimiste détonnaient trop, si bien qu'on le montra discrètement
en souhaitant très fort que les gens aient autre chose à faire
plutôt que d'aller le voir. Blast tient en 77 minutes
serrées de partout, du budget à la mâchoire de son
acteur-producteur-réalisateur, un blanc à faciès
d'Italien dégageant une antipathie systématique, sans doute
parce que son regard est orgueilleux et que sa frustration, son envie,
sa haine, transpire à l'image. Mais c'est tout le génie
du film que de se bâtir sur quelqu'un de moins romantique encore
qu'un antihéros. Frankie, c'est un dingue, parano à fond,
(…) un solitaire qui s'est fait flingueur pro et qui hésite à revenir à New
York, où il a laissé trop de blessures intimes. (…)
D'une certaine façon, il vient de se faire voler la vedette du
film. New York a été plus forte que lui. Et restera la
vraie héroïne du film, rarement aussi bien filmée.
Sinon chez Cassavettes, peut-être. New York, urbaine, écrasante,
labyrinthique. Bientôt, la ville voudra tout régenter, jusqu'au
tournage lui-même. La fin du film a failli ne pas avoir lieu :
un ouragan biblique s'est abattu sur Long Island en septembre 1960 alors
que le film cramait les derniers dollars de son maigre budget. Baron
a attendu que ça cesse, mais ça a duré : un jour,
deux jours. Il n'a pas pu attendre plus longtemps. Lui et ses acteurs
sont sortis sous le déluge, affronter New York, finir le film
: en extérieur puisque c'était là le défi
des dieux. Ce sont les plus belles minutes du film : le vent par rafales,
la flotte qui tombe comme une malédiction, la boue, la ville redevenue
campagne et le récit qui fout le camp comme au rinçage.
Le réel, quand il rentre à coup de force dans le nerf d'un
film, réussit toujours son braquage. »
Philippe
Azoury, Libération
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