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SEANCES
Samedi 11 novembre à 16h
Lundi 13 novembre à 18h30
Mercredi 15 novembre à 18h30
Dimanche 19 novembre à 16h30
RÉÉDITION
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L'ÉTRANGE INCIDENT
(THE OXBOW INCIDENT)
de William Wellman
États-Unis, 1943, 1h15, VOSTF
Avec Henry Fonda,
Anthony Quinn, William Eythe, Henry Morgan, Dana Andrews, Mary Beth
Hughes
Dans le Nevada des années 1881, à la
fin de la grande époque
du cow-boy, quand les éleveurs traquent sans pitié tout étranger
rôdant autour de leurs pâturages comme un voleur en puissance,
trois hommes – un vieillard gâteux, un Mexicain et un jeune
homme – sont pendus pour avoir été accusés
du meurtre d’un propriétaire de chevaux, volés
par eux, dit-on. Un ex-colonel sudiste dirige la patrouille qui les
capture, les "juge" et les exécute au petit matin.
Leurs corps à peine refroidis, les lyncheurs apprennent que
l’homme présumé assassiné se porte bien
et qu’aucune bête ne lui a été dérobée.
« Avec L’Étrange
incident, au scénario
fidèlement adapté de Walter Van Tilburg Clark, Wellman
se trouva en prise directe avec un thème qu’il connaissait
bien. (…) Film singulier par son message, L’Étrange
incident rompait avec la tradition confortable des héros
du Vieil Ouest salués dans leur bravoure par tout un peuple
attendri. Dans la zone d’ombre, où furent volontairement
relégués les souvenirs peu brillants d’une épopée
dans laquelle la gloire épousa la stricte mesure de l’homme,
Wellman tira un fait-divers parmi d’autres, de nature à forcer
la réflexion sur certains visages de ce temps. (…)
Son film étudiait des hommes, une société, un état
d’esprit avec un regard impitoyablement accusateur qui, tout
en le distinguant hautement de la masse plus ou moins anonyme de
la production western, témoignait de l’existence, dans
ce genre, de préoccupations morales et philosophiques non étrangères à notre
temps. »
La Grande aventure du western, Jean-Louis
Rieupeyrout, 1987
« William A. Wellman (1896-1975)
restera surtout l’homme
de cinq films, cinq westerns, réalisés entre 1943 et 1951,
au soir d’une vie de réalisateur bien remplie. Cinq œuvres
sobres, fortes, dépouillées de toutes fioritures inutiles,
de toute violence gratuite, aux scénarios dédramatisés,
aux péripéties nivelées. Cinq films creusés
jusqu’à l’épure : un austère portrait
du plus flamboyant héros américain, Buffalo Bill (Buffalo
Bill, 1944) ; la peinture pleine de tendresse de ces femmes
qui s’élancèrent à la fois à la conquête
de l’Ouest et d’un mari (Convoi de femmes,
1951) ; les aventures pleines de verve de joyeux trappeurs (Au-delà du
Missouri, 1951) ; la lente désintégration d’une
bande de hors-la-loi pris au piège d’une ville morte (La
Ville abandonnée, 1944) et, surtout, la relation sèche,
monocorde, d’un de ces actes de "justice" populaire que
l’on nomme du juge virginien qui l’institua, un lynchage.
(…) Le film, sorti après bien des difficultés, ne
rencontra aux Etats-Unis et en Angleterre qu’un succès d’estime.
Cela n’alla guère mieux en France, en 1948. C’était
pourtant la première fois qu’avec autant de force le cinéma
américain, dans sa forme la plus populaire, le western, dénonçait
aussi vigoureusement le lynchage. Dans la brèche ainsi ouverte,
d’autres metteurs en scène allaient s’engouffrer. »
Claude
A., Télérama
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