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SEANCES
Jeudi 16 novembre à 20h30
LEÇON DE CINÉMA
PAR FRANCISCO FERREIRA,CHARGÉ DE COURS
EN CINÉMA À L’UNIVERSITÉ DE POITIERS
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MÉMOIRE EN COUR(T)S
de Alain Resnais, Chris Marker,
Maurice Pialat
LE CHANT DU STYRÈNE
De Alain Resnais
France, 1958, 14 min
Texte : Raymond Queneau, Narrateur
: Pierre Dux
A partir d'une commande
des usines Péchiney, Resnais réalise
une enquête poétique sur les origines du plastique : de
l'objet fini à la matière première, en passant
par toutes les étapes de la fabrication, le mythe du styrène
défait malicieusement le mythe industriel.
LA 6E FACE
DU PENTAGONE
De Chris Marker
France, 1967, 28 min
Narrateur : Henri de Turenne
21 octobre 1967. Washington. Les opposants à la
guerre du Vietnam marchent sur le Pentagone. De nombreux cameramen
et photographes sont présents, parmi lesquels Chris Marker et
François Reichenbach.
Des images qu'ils rapportent, Marker tire un film ouvertement partisan,
qui propose une réflexion sur le pouvoir politique et sur le
sens de l'engagement.
L’AMOUR EXISTE
De Maurice Pialat
France, 1961, 19 min
Narrateur : Jean-Loup Reynold
Entre évocation nostalgique de
l'enfance et constat désabusé des
ravages de l'urbanisme, un documentaire sur la banlieue des années
soixante qui vaut aussi comme leçon de mise en scène
sur le point de vue cinématographique.
1958. Ce qu’on désignera bientôt sous le nom
de “modernité cinématographique“ est en
train de prendre son essor, en France, à travers les premières
oeuvres de la Nouvelle Vague (Les 400 coups de Truffaut, Le
Beau Serge de Chabrol, Les Amants de Malle), laquelle
réunit quelques jeunes critiques des Cahiers du cinéma,
mais aussi des réalisateurs venus du court métrage
: Louis Malle est de ceux-là, tout comme Agnès Varda,
Jacques Demy et Alain Resnais. Après Le Chant du styrène,
ce dernier réalise coup sur coup deux oeuvres magistrales
: Hiroshima mon amour (1959) et L’Année
dernière à Marienbad (1961). Pendant ce temps,
Chris Marker signe son premier long métrage, Lettre de
Sibérie (1958), qui marque l’avènement du
documentaire à la première personne, tandis que Maurice
Pialat navigue entre peinture et théâtre, puis entre
cinéma et télévision (comme assistant), avant
de réaliser L’Amour existe (1961). 1967. Marker,
avant d’attaquer La Sixième Face du Pentagone,
réunit Godard, Ivens, Klein, Lelouch, Resnais et Varda pour
faire Loin du Vietnam : le cinéma militant des années
70 s’apprête à émerger (la même année,
Godard met en scène La Chinoise et Week-end).
Pialat, toujours à l’écart, multiplie les documentaires
et les courts métrages, mais son premier long n’arrivera
qu’en 1968 (L’Enfance nue). 1958-1967. Pierre
Braunberger, producteur depuis les années 20, soutient tout
ce que le cinéma français compte de talents : Marker,
Pialat et Resnais, donc, mais aussi Godard, Reichenbach, Rouch, Truffaut
et Varda. La modernité passe aussi par des producteurs inspirés.
Le programme de films étudié ici réunit donc
trois oeuvres témoignant d’une effervescence créatrice
singulière dans l’histoire du cinéma français,
qui décide alors d’aller à la rencontre du réel,
sans renoncer pour autant à des exigences esthétiques
fortes ; trois documentaires de création, échappant
aux classements les plus vains en faisant du monde qu’ils arpentent
le foyer d’un imaginaire nouveau ; trois films courts parfaitement
maîtrisés, récusant l’idée répandue
que le court métrage est le lieu d’une création
encore incertaine, balbutiante, inachevée, qui trouverait
seulement son essor dans le long ; trois œuvres sur la mémoire
(mémoire de la matière, mémoire politique ou
mémoire sociale) qui pourraient parfaitement constituer les
premiers jalons d’une mémoire du cinéma moderne
(…)
extrait du dossier enseignant Lycéens au cinéma
- Francisco Ferreira , rédacteur en chef.
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