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SEANCES
Jeudi 9 novembre à 20h30
(+ entretien avec Fleur
Albert)
samedi 11 novembre à 18h
mardi 14 novembre à 18h30
INÉDIT À NANTES
JEUDI 9 NOVEMBRE À 20:30 • ENTRETIEN AVEC FLEUR
ALBERT, RÉALISATRICE DU SILENCE DES RIZIÈRES
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LE SILENCE DES RIZIÈRES
de
Fleur Albert
France, 2004, 1h29, Version Français/Vietnamien STF
En ayant suivi les traces d’une femme née
d’une Vietnamienne et d’un Français pendant la
guerre d’Indochine, Fleur Albert pourrait avoir réalisé un
support pour cours d’histoire : il n’en est rien. Véritable
travail poétique sur la mémoire, ses choix, ses manques
et la douleur qui surgit lorsque le réel confirme - ou non
- la mémoire, Le Silence des Rizières dresse
avec subtilité les portraits parallèles d’une
femme et d’un pays déchirés.
Entre histoire collective et destins individuels, Le
Silence des rizières propose un éclairage singulier
et inédit de la guerre d’Indochine,
cette guerre oubliée, à travers ceux qui ont lutté contre
le colonialisme et la liberté au Vietnam. Maï est la fille
de l’un d’entre eux, un Français, "André".
Elle revient sur ses traces au Vietnam avec sa mère, Thuy Cam.
Le film interroge les conséquences intimes de l’Histoire
au sein d’une famille, avec son lot de mythologies, de sacrifices
et de cloisonnement. Les destins mêlés de ces acteurs
de l’ombre concentrent sous un jour cru ce que furent les enjeux
humains d’une guerre de décolonisation et d’une
indépendance nationale, en pleine guerre froide.
« Mes
premières conversations avec Maï sur son
histoire ont commencé en 1997. Ce qui m’a frappée,
c’était ses difficultés à ne pas pouvoir séparer
le destin de son père du sien. Maï : "Ce jour-là, à dix
ans, il m’en a trop dit ou pas assez !... Toute ma naissance,
le trajet pour venir en France, sont tellement teintés du début
de la guerre froide, le PC était un parti clandestin, la guerre
d’Algérie était là. La clandestinité transpirait.
C’est cette intériorisation de certains moments d’histoire
sentis par les yeux d’une enfant que je porte, plus que les faits
historiques." Depuis son adolescence, Maï ressasse le récit
de son père résistant, s’interroge sur cet engagement.
Ce récit est peuplé de légendes, tissé de
non-dits, qui sont sources de polémique figées par le culte
du secret. C’est à partir d’une interrogation sur
les conséquences directes d’une forme de censure qu’un
film pouvait commencer. J’ai proposé à Maï de
l’accompagner en image, à distance, d’aller à la
rencontre de son histoire, enquêter avec elle. (…) Le film
est un film de quête, pas d’enquête. À l’origine,
il y a la quête de Maï que je relaie et dépasse. La
chair du film émerge de la conjonction entre le temps présent,
celui du voyage de Thuy Cam et Maï, avec un événement
d’il y a cinquante ans, la guerre d’Indochine. Partant du
postulat de départ que le silence du père de Maï correspond
aussi à un silence historique, j’ai tenté d’éclaircir
rigoureusement ces zones d’ombre. »
Fleur Albert
Prix du Meilleur Documentaire Long-métrage, Festival d’Ismaïlia
2005 (Égypte)
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