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SEANCES
Jeudi 8 novembre à 20h30
Samedi 10 novembre à 16h
Lundi 12 novembre à 18h
FILM PRÉSENTÉ AVEC LE SOUTIEN DE L’ACID (ASSOCIATION DU CINÉMA INDÉPENDANT POUR SA DIFFUSION)
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LES
BALLETS DE CI DE LÀ
de Alain Platel
France-Belgique,
2006, 1h50, documentaire
Avec ce long-métrage documentaire, Alain Platel célèbre l’essence
des singularités humaines qui nourrissent « Les Ballets C. de la B.
» depuis vingt ans. Qui sont les danseurs de « Les ballets C. de la
B. » ? D’où viennent-ils ? Et comment transcendent-ils le monde sur
scène ?
Un film tout en impressions, au cœur d’une compagnie unique dans le
monde du spectacle vivant.
Un voyage émotionnel qui nous fait partager l’aventure artistique et
humaine de « Les Ballets C. de la B. »
« Je vais faire un truc.
La brève apparition d’un homme face caméra, il nous dit, je vais
faire un truc, il répète, je vais faire un truc avec mon visage,
et il se prend un coup de pied en pleine poire.
Les gestes surpassent les mots, les gestes parlent. Les danseurs
se racontent, on comprend vite que la mémoire n’est pas intellectuelle,
qu’elle est charnelle. Leurs corps gardent en mémoire la trace de
tous leurs sentiments, toutes leurs sensations, tous les gestes effectués
depuis leur naissance. Chacun de nous a une pensée inconsciente qui
réside dans l’unicité de son rapport à l’espace et chaque corps a
son langage. Il en est de même pour les animaux, les chiens par exemple,
chacun leur manière de tourner la tête ou de s’affaler. Platel est
un artiste, il n’explique pas il montre. Marcher, parler, pédaler,
se pencher, porter, pleurer, fumer, tourner, tomber, ramper, téléphoner,
sauter, chevaucher, lécher, étreindre, haleter, saluer, applaudir,
onduler, rire, courir, boxer, esquiver, filmer, laver, balayer, embrasser,
menacer, tituber. C’est toutes les peines du monde qui sont là, dit
le père d’un des danseurs en voyant Wolf à la télé. Oui, toutes les
voix du monde sont enfermées dans les corps des danseurs. Chacun
d’eux porte sa peine et son monde, Serge Coulibaly chevauche un caïman
car comme son nom l’indique, il est sans pirogue. Quan Bui Ngoc évoque
les gestes quotidiens qui fondent la danse traditionnelle de son
pays. Gislain Malardier enfile les mots comme un bolide devant son
frère immobilisé par un accident. Koshro Adibi rejoue le bourreau
dont il a été la victime. Les mains de Sidi Larbi Cherkaoui veulent
lui échapper et il les retient par les ailes. Comme un nouveau-né,
Tayeb Benamara apprend à bouger en bougeant, à danser en mangeant,
l’enfance de l’art. La petite fille devant la tombe de Nijinsky,
demande, est-ce qu’il dort, est-ce qu’il est devenu une statue ?
Apprendre, désapprendre, les cinq langues apprises puis désapprises
par Koshro en Iran, je ne suis pas dangereux dit-il. Comprendre ce
que l’on sait déjà c’est danser. Pour Platel, les boxeurs acceptent
de danser, ils apprennent ce qu’ils savent déjà : Quel pied je dois
mettre devant l’autre. Danser c’est la bataille pour l’air, la bataille
pour rester debout. Ils ont bien du mal les alcooliques de la fête,
ils tentent de s’appuyer sur l’air comme s’il était solide, l’air
cède, ils titubent, s’accrochent, tombent, se relèvent, reprennent
confiance, s’appuient encore, ils dansent. »
Joël Brisse
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