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SEANCE UNIQUE
Lundi 12 novembre à 20h30
SÉANCE SUIVIE D’UNE RENCONTRE AVEC HELA FATTOUMI ET ÉRIC
LAMOUREUX,
CHORÉGRAPHES ET DIRECTEURS DU CCN DE CAEN
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CONTRECHAMP
RETRANSMISSION : DANSE & CINÉMA
ENTR’ACTE
De René Clair
France, 1924, 20 min
Entr'acte est un film conçu par Francis Picabia, destiné
à être diffusé au théâtre des Champs-Élysées pendant l'entr’acte du
ballet Relâche, qui fut la dernière manifestation de Dada. Au coeur
d'une figuration prestigieuse, on trouve la danseuse des Ballets suédois,
Inge Fries, filmée en contre-plongée à travers une vitre.
A DANCER’S
WORLD
De Peter Glushanok
Chorégraphe : Martha Graham
1975, 30 min
A Dancer’s world est un magnifique film car il montre
la danse là où on ne l’attend pas : les séquences de la répétition
dans le studio ne provoquent pas une sensation d’aridité, de monotonie,
elles diffusent la lumière sereine de ce qui sous-tend la danse.
TRIO A – THE MIND IS A MUSCLE
De Robert Alexander
Chorégraphe : Yvonne Rainer
1978, 11 min
Chorégraphie de 1966 jetant les bases
de la danse “minimale” et de la postmodern dance.
SOLSTICE
De Christophe Bargues
Chorégraphes : Hela Fattoumi et Eric Lamoureux
1997, 11
min
Extrait du spectacle que l'on pourrait qualifier de manifeste
tant il opposait à la clameur du monde un silence fertile et bruissant,
ce duo a l'intensité d'un épigraphe. On y retrouve la quintessence
de la pièce, rêvée dans un désert d'Afrique, élaborée patiemment, geste
par geste, regards tendus et nuques souples, par deux danseurs d'exception
: Héla Fattoumi et Eric Lamoureux.
À PROPOS D’ENTRACTE Ce
film dadaiste fut réalisé pour être projeté avec une musique
d'Erik Satie pendant
l'entracte du ballet "Relâche", présenté au théâtre des
Champs-Elysées en 1924.
Une danseuse barbue, un chasseur tyrolien, un corbillard tiré
par un chameau et une course derrière un cercueil, voici quelques
traits du scénario de Francis Picabia ! Les inventions visuelles
et le surréalisme du scénario font de cette oeuvre un classique du
cinéma expérimental.
À PROPOS DE A DANCER’S WORLD « A
Dancer’s World est un film magnifique car il montre la danse là où
on ne l’attend pas : les séquences de la répétition dans le studio
ne provoquent pas une sensation d’aridité, de monotonie, elles diffusent
la lumière sereine de ce qui sous-tend la danse.
Le montage alterne la loge, où l’on voit Martha Graham se maquiller
avant d’entrer en scène pour interpréter Night Journey tout en méditant
sur la formation du danseur, et des séquences de danse de la compagnie.
Dans l'atelier du studio, nous assistons au passage de l'exercice
à la figure. Ce film tire aussi une image du temps, offre un document,
une archive vive sur une mutation du style de Martha Graham. L'espace
chorégraphique développé dans les années quarante remue de volumes
de lumières et de souffles autour des danseurs. Ceux-ci tiennent
grâce à la force de la colonne vertébrale. "En ce qui concerne
la technique, je crois beaucoup à la respiration. C'est dans la colonne
vertébrale... que se concentre l'énergie du corps. Et le danseur
doit avoir un corps fort, capable d'envoyer ces vibrations." dit
Martha Graham. La colonne vertébrale est le mât et le corps accentue
ses angles, multiplie ses faces pour se maintenir dans les flots
de lumière et de souffles et prélever sur ceux-ci des vibrations
qui tendront des lignes intérieures. Dans les années cinquante un
événement artistique se produisit, visible à l'écran. Dans le film,
les corps offrent une nouvelle présence : un peu de souffle à l'état
pur, une petite onde de monde passa en eux, ouvrit un noyau d'air
autour duquel se reconstitua un volume charnel dense et diffus. La
danse a affaire directement à la production de la vie. Et c'est le
passé le plus ancien - Martha Graham parle des lointains ancêtres
- qui est le plus proche d'une clarté matinale. » Bernard
Rémy
À PROPOS DE YVONNE RAINER Passant
son enfance et son adolescence à San Francisco, Yvonne Rainer déménage
à New York en 1956. Entre 1959 et 1960, elle étudie la danse à l'école
de Martha Graham tout en acquérant une formation de ballet à Ballet
Arts. Au début des années 1960, elle participe également aux ateliers
d'Ann Halprin et fréquente assidûment les classes de Merce Cunningham
où elle rencontre plusieurs futurs collaborateurs. Elle est membre
fondatrice du Judson Dance Theatre en 1962. À l'instar de ses collègues
chorégraphes, Rainer tente alors de brouiller la ligne franche séparant
habituellement les danseurs des non-danseurs. Inspirée du concept
d'indétermination de John Cage, elle conçoit ses partitions selon
une série de tâches génériques qui intègrent des mouvements du quotidien
au vocabulaire chorégraphique (marcher, courir, soulever des objets,
etc.). Rainer créée plusieurs œuvres marquantes du répertoire du
Judson, dont We Shall Run, Terrain (1963) et Part of a Sextet (1964).
Lors de la conception de At My Body's House (1963), elle demande
aux ingénieurs Billy Klüver et Harold Hodges de mettre au point des
transmetteurs radio miniatures lui permettant d'amplifier les sons
de sa respiration. En 1966, elle présente le premier volet de The
mind is a muscle, inaugurant Trio A. Cette séquence exige des danseurs
qu'ils ne regardent jamais en direction du public lors de l'exécution
d'une phrase ininterrompue de mouvements complexes. Devenue ensuite
œuvre indépendante, Trio A est rejouée depuis par Rainer et plusieurs
autres interprètes. Bien qu'elle intègre l'image projetée dans des
environnements scéniques depuis le milieu des années 1960, Rainer
réalise son premier film Lives of Performers en 1972. À partir de
1975, elle se consacre principalement à la production de longs et
moyens métrages où elle réinvestit les codes de la narration. Ses
films sont alors portés par un propos féministe affirmé et abordent
sous cet angle des thèmes tels que le terrorisme (Journeys from Berlin/1971,
1980), l'exclusion sociale (Privilege, 1990), la maladie et le vieillissement
(MURDER and murder, 1996). Entre 2000 et 2006, elle se remet à l'écriture
chorégraphique et crée deux nouvelles partitions : After Many a Summer
Dies the Swan (2000) pièce de groupe pour la fondation de Mikhail
Baryshnikov, suivie de AG Indexical, With a Little Help From H.M.
(2006). À partir de 1974, Rainer enseigne au Whitney Independant
Program. Depuis 2005, elle occupe le poste de professeur émérite
à l'University of California Irvine (Irvine, Calif. États-Unis).
À PROPOS DE SOLSTICE « Marche lente,
bras en hélices, valse inventée et parcours latéraux, la danse est intérieure
avec de rares excès, tels ces portés incisifs qui émaillent les figures
ondoyantes, solitaires dans leur cheminement, en accord majeur avec la
musique de Christophe Séchet et celle d'Anouar Brahem, extraite de l'album "Conte
de l'indicible amour". En s'attardant sur chaque danseur, délaissant
volontiers les plans d'ensemble pour saisir la singularité de deux parcours
croisés, Christophe Bargues exalte une danse non fusionnelle, débarrassée
de tout excès. »
Fabienne Arvers
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