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SEANCES
Vendredi 30 novembre à 21h
Dimanche 2 décembre à 18h30
Lundi 3 décembre à 18h30
RÉÉDITION
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PUNISHMENT
PARK
de Peter Watkins
USA, 1970, 1h28, VOSTF
Avec Mark Keats, Kent
Foreman, Carmen Argenziano
Fable politique inspirée par l'application
du McCarren Act, une loi d'exception votée en 1970 à la faveur
d'une aggravation du conflit au Nord-Vietnam, autorisant à placer
en détention "toute personne
susceptible de porter atteinte à la sécurité intérieure". La force
de la manière Watkins, c'est d'instaurer le trouble en montrant l'affaire
comme s'il s'agissait d'une émission de télé-réalité. Il se présente
comme une anticipation du stade critique de l'omniprésence paranoïaque
des médias et du souci du contrôle politique dans lequel nous baignons
quotidiennement.
« Puisque Punishment Park se rattache
autant au film militant qu'au faux documentaire, on se rappellera que
tout un secteur du cinéma d'exploitation avait à la même époque (Mondo
Cane, 1963) investi le domaine des fausses actualités à des fins
racoleuses et sensationnalistes. Recréer de façon morbide la misère
et la laideur du monde telles qu'elles existent en fait est une entreprise
cynique de droite ; imaginer à la place de l'Etat de nouveaux systèmes
punitifs est une démarche paranoïaque de gauche. Punishment
Park atteint en effet une dimension paranoïaque extrême, devenant
une entreprise fascinante de perversité. Les motivations de Watkins
sont claires : démontrer que le gouvernement républicain retourne
à la barbarie – on pense évidemment au jugement des flèches, coutume
indienne qui avait inspiré à Fuller un western génial. La paranoïa
traverse donc les deux camps : Nixon et ses sbires, effrayés par
quelques agitateurs inoffensifs, et les gauchistes, résignés à souffrir
le martyre en se faisant courser comme des lapins. Les rêves des
uns et les cauchemars des autres finissent par s'incarner dans le
même film. Mais pas question pour Watkins de fouiller dans les poubelles
de l'actualité. Le cinéaste préfère utiliser une phobie primitive,
un tabou (le gibier humain, au centre de nombreuses oeuvres, dont
la plus célèbre reste La Chasse du comte Zaroff ) pour étayer
son raisonnement à propos d'une nation molochéenne dévorant ses enfants,
monstrueuse anticipation de cannibalisme politique. »
Olivier Père, Les Inrockuptibles
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