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SEANCES
Dimanche 18 novembre à 14h30
Lundi 19 novembre à 20h
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SHOLAY
de Ramesh Sippy
Inde, 1975, 3h24, VOSTF
Avec Sanjeev Kumar, Hema Malini
Au cœur de l’Inde rurale, Baldev Singh, un ancien officier de police
devenu grand propriétaire terrien, est rançonné par une bande de pillards
menée par cruel Gabbar Singh. Il fait appel à deux sympathiques renégats
liés à son passé, Jaidev et Veeru, dont les incartades avec la loi
n’ont d’égal que leur courage et leur indéfectible amitié. Le tandem
apprend vite qu’un lien tragique lie Baldev Singh à Gabbar Singh. Sa
mission sera parsemée d’embûches, mais verra aussi le surgissement
du sentiment amoureux…
« Il est enfin possible de voir en France
et dans une copie officielle ce film étendard du Bollywood de l’âge
moderne, dont le génie est d’avoir mêler très tôt l’universalité des
sagas mythologiques hindoues à celle des grands succès occidentaux.
Défini comme un western, « Sholay » mélange toutefois les genres comme
il pille avec une décontraction bienvenue certains classiques tels
qu’ « Il était une fois dans l’Ouest » (1969) de Sergio Leone. Une
méthode qui tranche radicalement d’avec les clins d’œil rusés ou calculés
des films occidentaux, dès lors qu’ils se livrent eux aussi à l’exercice
de la référence ou de l’emprunt appuyé (quand donc Tarantino s’inspirera-t-il
des Bollywood, plutôt que des séries B japonaises des années 1960 ?).
De
Sergio Leone, le réalisateur ne retient pas que la reproduction de
scènes entières, mais également la notion d’étirement de la durée.
Elle est associée à cette succession ininterrompue de morceaux de bravoure
qui incita le maître italien à envisager plus d’une fois un montage
de près de trois heures, soit la durée moyenne des fresques populaires
indiennes. Ainsi, l’éventail des gimmicks (le zoom et les bruitages
dignes des cartoons, hérités du western spaghetti, ou le format scope
et les ralentis propres à celui de Sam Peckinpah) dépasse le simple
relookage d’un divertissement composite, pour dessiner les contours
d’un discours progressiste cher au cinéma des années 1970. Le questionnement
des institutions étatistes et le spectre de l’autodéfense sont abordés
avec une absence de mépris ou de cynisme impensable dans le cinéma
occidental, et en particulier le cinéma européen. L’attachement aux
outsiders, la revanche des opprimés sur les coalitions d’agresseurs
armés, la chance donnée à un personnage ingrat (la demoiselle bavarde)
sont des thèmes constitutifs de la production Bollywood, mais ils sont
mis en scène avec une appréciation très précise des canons de l’époque
: le héros Jaidev est un avatar parfait d’Al Pacino, dont le statut
d’anti-héros s’assortit d’un contexte spécifiquement indien, pour s’affranchir
totalement de son modèle tout en lui lançant nombre de clins d’œil
amusés. Autant de raison de céder à la gourmandise formelle de cette
ode masculine et musicale à l’amitié. »
Julien Welter
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