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SEANCES
JEUDI 28 OCTOBRE A 16H30
SAMEDI 30 OCOTBRE A 18H30
LUNDI 1ER NOVEMBRE A 20H30
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BADLANDS (LA BALADE SAUVAGE)
de Terrence Malick
USA, 1974, 1h35, VOSTF, Int -12 ans
avec Martin Sheen, Sissy Spacek
Dans les années 50, un jeune collecteur d’ordures, après
plusieurs méfaits, s’enfuit en voiture dans le Middle West
avec sa compagne, une jeune fille de quinze ans un peu inconsciente,
et, pour se protéger, sème la mort sur son passage en
tuant sans haine tous les témoins de son odyssée.
« Dans la vie, Ils s’appelaient Charles Starckweather
et Caril Fugate. Deux adolescents immatures et frénétiques,
qui passèrent l’été 1958 à sillonner
le Nebraska et le Wyoming en déchargeant leurs fusils sur des
innocents de passage. Leur cavale intrépide finit sur la chaise
électrique pour lui et en prison pour elle. Dès ce premier
film, bien avant les criquets des Moissons du ciel ou les perroquets
de La ligne rouge, Terrence Malick cadre déjà la faune
et la flore en gros plan, pour en extirper l’horrifique moelle
: oeil de vache hagarde, flanc de chien crevé, bouche de poisson-chat
jetée dans les citrouilles… Par petites touches, tel un
oiseau de proie, Terrence Malick décortique le cocon que les
deux héros se sont construit. A l’époque, il n’a
pas encore mis au point sa technique de non-communication (pas d’apparition
publique, ni photo ni interview). La Balade sauvage reste l’un
des rares témoignages visuels de son existence. Le cinéaste
s’y est réservé un rôle de figuration étrange
et révélateur. Sous un large chapeau, il sonne à
la porte de la maison où Kit a pris un milliardaire en otage,
et se fait refouler poliment après avoir glissé un message
secret dans une jarre. »
Marine Landrot (Télérama)
« L’angoisse naît avant tout de l’art dramatique
et poétique de Malick, déjà frappant par cette
étrange alliance de lyrisme sec, désincarné jusque
dans sa précision dans l’observation du ciel, des oiseaux,
et d’extrême condensation des scènes, qui semblent
véritablement désossées, décomposées,
tant elles ne présentent que leur face accomplie, comme si Malick
gommait toutes les phases antérieures (crescendo émotionnel)
et postérieures (decrescendo). Au fond, chaque scène renvoie
plus à une métaphore de scène qu’à
une habileté elliptique. Des Amants de la nuit de Ray, aveuglés
par la lumière de leur passion incandescente, à ces amants-là,
hébétés par la triste lumière de la lucidité,
le cinéma américain a fait l’expérience de
ses propres limites, condamnant les cinéastes à répéter
les histoires mythiques qu’il a créées ; fermant
les perspectives anecdotiques, il a ouvert le champ infini de l’aventure
formelle. Peu ont osé relever le défi : Malick est de
ceux-là. »
Baptiste Piégay (Les Cahiers du Cinéma)
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