octobre 2004

 
 

Mean Streets (© DR)

SEANCES

MERCREDI 20 A 16H30
SAMEDI 23 A 16H30
VENDREDI 29 A 15H
SAMEDI 30 A 20H30

MEAN STREETS

de Martin Scorsese
USA, 1973, 1h50, VOSTF, Int -12 ans

avec Robert De Niro, Harvey Keitel, David Proval, Amy Robinson, Richard Romanus, Martin Scorsese

New York. Dans les bas quartiers de l’East Side, la Petite Italie, quatre italiens immigrés de la seconde génération dérivent dans un univers où le poids de la tradition, la violence, la culpabilité conditionnent les esprits jusqu’à la folie et au meurtre. Tony tient un bar ; Michael gère des affaires louches ; Johnny Boy, irresponsable, s’enlise dans ses dettes et les bagarres qu’il provoque, protégé par Charlie qui rêve de réussite sociale sous les aspects d’un restaurant promis par son oncle maffioso.

« Sur fond de musique rock, typique de l’univers sonore de son adolescence (Rolling Stones, Eric Clapton, Bo Diddley), Scorsese nous entraîne dans l’univers furieux, coloré des minables de la pègre, ceux que l’aristocratie des gangsters de Scarface ou du Parrain exploite. De cette plongée, il fait une descente infernale, traitant ses personnages comme des damnés, des possédés. Les scènes deviennent des rites. Les monologues intérieurs, des citations bibliques. Exilés de la religion (parce que l’Eglise est devenue un « business »), Charlie se plie aux exigences d’un parrain, tout en s’exerçant au martyre, lorsqu’il fait lécher sa main par le feu. Le film baigne dans des lumières rouges, avec des néons, des fluorescences de juke-box, qui évoquent une saison en enfer. Il se clôt sur une vengeance nocturne, éclaboussée de sang, qui voit les victimes râler ou attendre, à genoux, la délivrance. »
Jean-Luc Douin (Télérama)

« Narcissique, fébrile, tour à tour baroque (dans le traitement des éclairages et la mobilité de la caméra) et hyperréaliste (par le choix des décors), Mean Streets est une oeuvre clé dans la filmographie de Martin Scorsese, qui démarque, complète et approfondit son premier film, très autobiographique (Who’s that knocking at my door ?). Le rythme visuel autant que musical qui le sous-tend de la première à la dernière image l’apparente à un opéra. Il tient la gageure de se maintenir, une heure et demie durant, à un niveau paroxystique qui confère au propos (une succession de tableaux, plus qu’une intrigue véritable) une dimension parabolique, celle d’une liturgie infernale. Le rituel purificateur qui assure le passage de la damnation à la sainteté et qui constitue le sujet réel de nombre de films de Scorsese trouve ici une expression cinématographique homogène dans l’incandescence. »
Michel Sineux (Dictionnaire des films Larousse)

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