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SEANCES
VENDREDI 15 A 18H30
SAMEDI 16 A 19H
DIMANCHE 17 A 20H30
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MIGUEL ET LES MINES
de Olivier Zabat
France, 2002, 52 min
Ce film est né à partir d’une anecdote entendue
dans une salle de boxe : en Afrique dans les années 80, Miguel
est miraculeusement sorti indemne d’un champ de mines situé
sur une frontière. Dans la première séquence, Martine
va au Cambodge, Miguel raconte une partie de son histoire. Parallèlement,
une femme dans un pré tente d'effectuer le bon protocole pour
s'extraire d'une zone minée. La Cour des lions est l'avant
- et l'après-combat d'un boxeur compétiteur qui perdra
à cause d'un coup de tête. No fish présente
un démineur écossais lisant sur son bateau les poésies
qu'il a écrites à sa femme pendant ses séjours
au Kosovo. Son épouse fait des puzzles représentant des
tigres en l'attendant pendant ses missions. Prendre un secteur
est un face à face en huis clos entre le réalisateur et
un ancien chef guerrier africain qui explique certaines tactiques guerrières
et rejoue un épisode de sa fin de carrière. PMN2
est une lente accumulation de mines et d'engins explosifs sur une table
basse de salon, devant laquelle un démineur va faire une brève
explication et une démonstration. La Ligne rouge, enfin,
montre l’entraînement d’un boxeur débutant
qui crie son effort à chaque coup de pied alors que l’entraîneur
l’accompagne dans ses mouvements d’une voix calme et presque
monocorde.
« Actuellement, dans le cinéma, peu de questions sont aussi
brûlantes que celle du documentaire. Fait saisissant mais peut-être
logique, la meilleure réponse à ce jour vient d'un jeune
artiste. Olivier Zabat, trente-huit ans, a souhaité prendre ses
distances avec le monde de l'art : en 2000 il a tourné Zona Oeste,
triptyque brut et beau, portrait des gangs d'une favela de Rio. Puis
Miguel et les mines en 2001, essai en six parties ou modules (deux autres
sont encore à venir), chef d'oeuvre modeste dont l'aura, d'un
festival, d'une exposition l'autre, n'a pas fini de croître. Quel
exergue à Miguel ? La loterie cruelle de la mine, bien sûr,
qui fournit à Zabat son fil rouge : sautera / sautera-pas. Selon
les cas elle donne, c'est connu, l'éparpillement fatal aux quatre
vents, façon puzzle, ou l'extraction difficile d'un coeur fragile
et précieux. Telle est la mine, moins engin de mort que risque
symétrique, possibilité égale d'un pur dehors et
d'un pur dedans. Tel aussi Miguel. C'est cette corde raide qu'y tirent
ceux, démineurs, boxeurs, soldats qui, pour évoquer leur
intimité avec un danger désormais off, déploient
in, face caméra, un art tout aussi dangereux : show grandiose
et inquiétant, confidence, poésie sobre. Et qu'y tire
la mise en scène elle-même, rapport tendu d'un cadre neutre
– mur nu, ring, mer sans poissons – et d'un spectacle voué
à la dispersion. Nulle apologie de la force virile, pourtant,
dans ce film où la violence est partout, mais un retour à
son caractère essentiel de réserve, d'imminence ou de
chance. Explosion se lit alors aussi bien éclosion, ainsi que
le pose d'emblée le premier module, où c'est une femme,
apprentie démineuse en protocole de simulation, qui avec mille
précautions cueille au soleil un bouquet de fleurs blanches.
Au cinéma, une seule violence exige condamnation, celle qui parie
sur une surenchère - du champ comme attestation live d'une présence
brute, du hors-champ comme absence mythique d'où tout vient et
où tout se perd. Zabat, qui assure entre eux un équilibre
parfait quoique précaire, propose au contraire d'assimiler le
réalisme documentaire à un délicat – féminin
– labeur de déminage. Rien n'y est d'avance garanti, et
aucune préférence n'y peut dominer, pour le calme plat
ou le big boom !, ici ou là-bas, les poissons, les fleurs ou
les feux d'artifices. Multiples sont, comme on voit, les ressources
stratégiques de Miguel – qui aura l'audace de le sortir
? –, dont Zabat retrace le chemin et la méthode.[…]
»
Emmanuel Burdeau – Hélène n°zéro –
février 2003
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