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SEANCES
MARDI 12 A 20H30 |
SERENADE
A TROIS
de Ernst Lubitsch
USA, 1933, 1h31, NB, VOSTF
avec Gary Cooper
Dans le train qui les conduit à Paris, un auteur dramatique en
quête de succès (Frederic March) et un artiste peintre
(Gary Cooper) tombent amoureux d'une dessinatrice de publicité.
Peu après leur arrivée dans la capitale, les trois amis
décident d'habiter ensemble, selon un pacte "d'amitié
chaste". Cette comédie brillante traite avec humour, fantaisie
et virtuosité des péripéties sentimentales d'un
trio amoureux.
Après avoir grandi et travaillé dans le magasin de son
père, un tailleur juif, Ernst Lubitsch entre en 1906 au Gardelegen
Theater. En 1911, Max Reinhardt lui confie le rôle d'un fossoyeur
dans Hamlet. Au cinéma, il décroche son premier
rôle comique en 1913 avec Meyer auf der Alm. Devenu populaire
avec Die Firma heiratet (1914) de Carl Wilhem, Lubitsch joue
son propre rôle dans Der Stolz der Firma (id.) : celui
du commis juif attaché à un magasin de couture. Il passe
à la mise en scène dès 1914.
Maître de la comédie sophistiquée, Ernst Lubitsch
s'essaie aux superproductions historiques : Carmen (1918) est
un élégant mélodrame qui révèle Pola
Negri ; Madame Dubarry (1919) est un triomphe servi par Emil
Jannings, Harry Liedtke et toujours Pola Negri. Lubitsch recrée
là l'esprit du siècle de façon saisissante en dépeignant
l'histoire sous forme de drame intime. De sa collaboration avec le scénariste
Hans Kraly naissent d'autres trouvailles. Ainsi La Poupée
(1919) exploite pour la première fois l'expressionnisme allemand
à des fins comiques. Sumurum (1920), inspiré
de son expérience théâtrale, est une pantomime orientale
où Lubitsch apparaît en clown bossu. Mais le chef d'.uvre
de la période reste La Princesse aux huîtres (1919),
une satire au symbolisme annonciateur du pacte à venir entre
la vieille Europe et l'Amérique prospère : d'un côté,
le charme désuet du prince Nuki et de sa fille, de l'autre, l'éclat
du millionnaire dit le " roi des huîtres ". Auteur de
mises en scènes somptueuses, familier de tous les genres, Ernst
Lubitsch séduit définitivement Hollywood avec Anne
Boleyn (1920) puis avec La Femme du pharaon (1921). En
1923, il dirige Mary Pickford dans Rosita, d'après Don César
de Bazan d'Ennery. Lubitsch comprend vite à quoi rêve l'Amérique
: aux fantasmes nourris de sexualité et d'exotisme made in Europe
se mêle un zeste d'interdit dû au puritanisme. Ses premières
comédies américaines, telles que Comédiennes
(1924) ou Le Patriote (1928), toutes jouées par des
acteurs européens, révèlent la patte Lubitsch.
Sur des scénarios généralement empruntés
à Samson Raphaelson, auteur à succès de Broadway,
le réalisateur construit des intrigues mondaines avec femmes
chics et victimes, souvent heureuses de l'être. A la fois piquant
et pudique, Lubitsch ne sombre jamais dans le vulgaire grâce à
une écriture filmique qui sait couper à temps les scènes
scabreuses et rebondir dans la pure légèreté. Au
début du parlant, il signe des opérettes musicales qui
prêtent à l'Europe le même visage hédoniste
et heureux : notamment Parade d'amour (1929) avec Maurice Chevalier
et Jeanette MacDonald, également présents dans Une
heure près de toi (1932) ou dans La Veuve joyeuse (1934).
En 1932, Haute Pègre, brillamment distribuée
(Miriam Hopkins, Kay Francis, Herbert Marshall), porte la comédie
à son apogée. Pour Ange (1937), comédie
devenue grave, Lubitsch dirige le couple Gary Cooper-Marlène
Dietrich. Ninotchka (1939), satire politique teintée
de glamour, transforme Greta Garbo en communiste progressivement convertie
aux plaisirs capitalistes. Dans Jeux dangereux (1942), l'humour
est une arme antinazie. En 1947, Lubitsch décède brutalement
au milieu de sa dernière comédie musicale, The Lady
in Ermine.
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