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SEANCES
Lundi 30 octobre à 20h30
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CONTRECHAMP • ANIMAL ÉCRAN 1
NOCTURNES
De Anri Sala
Albanie, 1999, 11 min
Avec Denis, Jacques Dubus
Deux témoignages, véridiques ou imaginaires : celui
d'un jeune soldat engagé en ex-Yougoslavie qui cherche à échapper à ses
cauchemars et celui d'un passionné d'aquariums à Paris.
Tous deux sont émouvants, parlant de leurs obsessions et de
leurs expériences.
Vidéaste et artiste albanais né en 1974 à Tirana, Anri Sala
vit et travaille à Paris depuis 1996. Ancien étudiant de l'ENSAD
et du Fresnoy où il eut la chance de travailler avec Robert Kramer, il
est l'auteur de Intervista (1997), une vidéo qui lui apporte
d'emblée une reconnaissance internationale. Choisissant à travers
le monde pour cadre de ses tournages des lieux divers, sans attache géographique
bien identifiée à priori, il élabore à partir de
la réalité des scénarios qui ont toujours en apparence un
fil narratif simple. Mais chacun de ses films contient une charge émotionnelle
complexe qui oscille entre l'émerveillement, le trouble ou l'angoisse
nés de l'indicible qu'il cherche à représenter au-delà du
réel. Dans Nocturnes, il dépeint ainsi la singularité de
l’expérience de chacun face au social, au politique…
LE PRÉPARATEUR
De Noëlle Pujol
France, 2006, 37 min
Une seule opération tout au long de ce film : la transformation
d’un cygne en lui-même. On y suit en effet le travail d’un
taxidermiste qui d’abord évide, désagrège
le cadavre d’un cygne blanc pour lui redonner progressivement
allure, maintien jusqu’au moment ultime de la pose de l’œil
qui clôt le processus.
« La lente métamorphose des couleurs, des matières organiques,
des matériaux artificiels et des formes occupe les plans qui sont un hommage
rendu à la patience artisanale. Noëlle Pujol sait toutefois faire
de la simplicité qu’elle a choisi l’instrument d’une
ambiguïté riche de lectures. Sans omettre le rapport de l’animal
et de l’homme, ni le passage ambigu de la vie à l’artefact,
le film oscille entre la littéralité de l’ouvrage et de sa
peine et l’ouverture métaphorique qu’il esquisse. Le taxidermiste
y devient un double du cinéaste, qu’on apercevra d’ailleurs
furtivement à un moment clef. »
Jean Pierre Rehm
L’OUMIMAG OU L’OBJECTIF DOCUMENTAIRE
De Pierre Perrault
Canada, 1993, 28 min
Au fond de la baie aux Feuilles, échancrure de la grande baie
d'Ungava, un homme fait le guet au solstice d'été. Sa caméra
balaie la toundra en quête d'une harde de boeufs musqués. "Plus
ancien que la foudre du silex", l'animal semble refuser d'être
la cible d'un objectif, fût-il documentaire… Le mystère
de son absence ajoute à l'envoûtement du cinéaste
pour ce pays baigné d'une lumière crue. Et c'est finalement
lui qui se livrera en nous entraînant, par le pouvoir de la parole,
bien au-delà du Grand Nord.
Un film qui illustre la pensée d'un humaniste insatiablement curieux des
choses, des êtres et des lieux.
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