| |

SEANCES
Dimanche 1er octobre à 14h30
FILM ÉCOLE ET CINÉMA
À PARTIR DE 8 ANS
|
LE ROI ET L'OISEAU
de Paul Grimault
France, 1979, 1h25
Nous sommes dans le royaume de Takicardie, gouverné par
son tyran, le roi Charles V et Trois font Huit et Huit font Seize.
Son portrait tombe amoureux d'une bergère, laquelle porte un
amour réciproque à un jeune ramoneur. Un père
oiseau, impertinent et bavard, vient en aide aux amoureux et les aide à fuir
la ville. Il s'ensuit une folle poursuite durant laquelle la machinerie
totalitaire déploie ses plus grands artifices pour capturer
la Bergère et museler les instigateurs de cet outrage. L'Oiseau
et le Ramoneur sont emmenés dans les bas-fonds clos de la ville.
Mais comme la vie ne peut être enchaînée, l'Oiseau
se libère et renverse le Félon pour qu'à jamais
triomphent la liberté et l'amour.
Le Roi et l'oiseau,
s'il est presque devenu aujourd'hui un film culte, est aussi un film
témoin de l'histoire du cinéma
d'animation français. Peut-être parce que sa conception,
ses auteurs, son parcours sont atypiques : Le Roi et l'oiseau,
premier long-métrage de dessin animé français
en couleurs, né en 1945 d'une idée de Paul Grimault et
Jacques Prévert, n'a véritablement vu le jour qu'en 1980,
soit trente-cinq ans plus tard ! Trente-cinq ans de pérégrinations
qui font du Roi et l'oiseau un cas historique. Historiquement,
le film focalise à la fois la rencontre de Paul Grimault et
Jacques Prévert (Le Petit Soldat, 1947), l'annonce
d'une stylistique nouvelle, une tentative de création d'un grand
studio d'animation français, une attitude exemplaire de défense
de l'intégrité d'un projet cinématographique.
C'est beaucoup pour un seul film. C'est dire aussi qu'au-delà des
anecdotes - et elles ne manquent pas - sur la création du film,
Le Roi et l'oiseau est devenu, sans doute à son corps défendant,
un symbole de tout un pan de l'histoire du cinéma d'animation
français.
« Aboutissement de trente ans de recherche, Le
Roi et l’oiseau est, sur le thème d’un conte
d’Andersen, la fusion heureuse, parfaite, de la mythologie
de Jacques Prévert (forces du mal, oiseau à l’esprit
anarchiste défenseur de la liberté, enfants qui s’aiment)
et des concepts graphiques, cinématographiques de Paul Grimault.
(…) Les dessins figuratifs reproduisent la profondeur de champ,
l’espace du cinéma de prises de vues réelles,
l’animation toute simple donne l’impression de mouvements
d’appareil et fait vivre de la même manière les
humains et les animaux. (…) La féerie a sa morale,
les couleurs expriment des atmosphères, des sentiments, des
rapports de force. Le Roi et l’oiseau est une œuvre
accomplie du "réalisme poétique" dans le
cinéma d’animation. »
Jacques Siclier, Le
Monde
|
 |