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SEANCES
Vendredi 19 septembre à 20h30
Mercredi 24 septembre à 20h30
Mardi 30 septembre à 20h30 |
LA
SENTINELLE
de Arnaud Despléchin
(France, 1992, 2h19)
avec Emmanuel Salinger, Thibault de Montalembert, Jean-Louis Richard,
Valérie Dreville, Marianne Denicourt, Emmanuelle Devos, Jean-Louis
Boutté, Bruno Todeschini
Mathias, fils de diplomate, a décidé de quitter l’Allemagne
où il s’ennuie, pour poursuivre ses études de médecine
légale à Paris. Dans le train qui le conduit en France,
il rencontre un homme qui le menace, l’accable d’injures
et disparaît. Le lendemain, il découvre dans ses bagages
une tête humaine, réduite à la manière de
celles des Indiens Jivaros. Effrayé puis fasciné, il se
sent bientôt responsable de ce fragment de dépouille humaine.
« Si le film a droit à toute notre reconnaissance, c’est,
concernant la mise en mémoire du cinéma, qu’il revient
de loin, qu’il nous revient ( comme nous revient la tête
de quelqu’un…), en tirant avec lui et à lui la vieille
idée dont il rafraîchit la mémoire et restitue l’originalité
formidable : cette idée d’un art impur qui donne à
voir et peut-être à réfléchir, qui crée
le lien entre soi et le monde, qui impressionne le réel en s’imprégnant
du temps, et s’engage souvent à donner de nouvelles de
l’Autre sans quoi rien n’ira plus. […]
La sentinelle est une œuvre dans son temps et, tout à la
fois, une approche renouvelée de mise en scène du temps,
d’une durée de la conscience. C’est une définition
possible de ce à partir de quoi on reconnaît la modernité.
Pareille maîtrise de la part d’un jeune cinéaste
dans l’économie de l’espace et du temps cinématographiques,
originalité sans trop d’ostentation, ne trouve guère
d’équivalent dans le cinéma de ces dernières
années : les films des frères Cohen [et les thèmes
traités] dans Miller’s Crossing et Barton Fink ne sont
au fond pas très éloignés de ceux de Despléchin.
Le Français, comme les Américains, se donne les moyens
de revisiter un genre pour y établir ses propres critères
d’interprétation du monde, y graver sa propre mélancolie
et communiquer l’angoisse sourde d’un monde qui n’aurait
pus toute sa tête… » (Camille Nevers, Les Cahiers
du Cinéma, Juin 1992)
« Ce qui m’intéresse, c’est ce que tout le
monde fait dans la vie lorsque quelqu’un de proche vient à
mourir. Est-ce que vous en faites votre deuil ou votre mélancolie
? si vous faites le deuil trop vite, vous le paierez en poids de névrose.
Mais si vous le faites trop lentement, ça va vous empêcher
de vivre. Quand Mathias Barillet découvre la tête de l’inconnu,
qui sort quasiment d’une poubelle, c’est du concret, un
cadavre. Pour nous qui ne sommes pas médecins, il faut beaucoup
plus de temps pour nous détacher de toute perception abstraite.
» (Arnaud Despléchin, Propos recueillis par Philippe Vecchi)
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