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SEANCES
Mardi 12 septembre à 20h30
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LES DEUX ORPHELINES
(ORPHANS OF THE STORM)
de D. W. Griffith
USA, 1921, 2h05, muet, sonorisé
avec
Lillian Gish, Dorothy Gish, Joseph Schildkraut
A Paris, peu avant la Révolution française. Deux orphelines
sont séparées par le destin. L'une, aveugle, est exploitée
par une horrible mégère qui la fait mendier dans les rues. L'autre
devient la proie d'un marquis débauché, qui veut la séduire
de force.
Le film est d'abord une vision politique. Suffisamment limpide
pour provoquer des manifestations hostiles de groupes royalistes lors
de sa sortie en France. La monarchie et l'Ancien Régime sont vus
comme le règne de la tyrannie féodale, et la Terreur
révolutionnaire comme la manifestation de ce que les intertitres
désignent comme le bolchevisme. Plus subtilement, il porte déjà au
plus haut degré d'efficacité narrative une esthétique
qui valorise plastiquement l'individu, l'intègre à une
communauté tout en se défiant de la foule perçue
et figurée comme une entité organique dangereuse et incontrôlable.
Griffith met ainsi en scène quelques mythes politiques américains
avec un lyrisme tout personnel.
Jean-François Rauger, Le Monde
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