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SEANCES
Dimanche 17 septembre à 18h30
À PARTIR DE 9 ANS
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LES CONTREBANDIERS DE MOONFLEET
(MOONFLEET)
de Fritz Lang
USA, 1955, 1h23, VOSTF
avec
Stewart Granger, Jon Whiteley, George Sanders
1757 en Angleterre. Le jeune orphelin John Mohune
arrive à Moonfleet,
petit port isolé, pour retrouver un ami de sa mère, Jeremy Fox,
flibustier notoire. Jeremy Fox l'envoie au collège mais John s'échappe
et retourne au chateau de Mohune qui appartint à sa famille et qu'occupe
aujourd'hui Fox. John apprend par lord Ashwood l'existence d'un diamant magnifique
que son grand-père lui a laissé en héritage. Avec Fox, il
se met à la recherche du joyau.
Les Contrebandiers de Moonfleet,
peut-être davantage
que tout autre chef-d’oeuvre américain de Fritz Lang (Fury,
La Femme au portrait, Le Secret derrière la porte, L’Invraisemblable
vérité…), illustre à merveille cet éternel
faux paradoxe voulant que plus un film est soumis à la mainmise
d’un studio et d’un ensemble de codes (ici, le film d’aventures
et de capes et d’épées), plus la quantité de
discours herméneutique qu’il produit est immense. Réalisé au
milieu des années 50, produit par la MGM qui n’avait plus
fait appel à Lang depuis Fury en 1936, le film est
entièrement tourné en studio (à l’exception
des scènes sur le rivage), dans un format - le cinémascope
- que le cinéaste n’appréciait guère et
sur la base d’un scénario entièrement livré clés
en main comprenant une séquence finale longtemps reniée
par lui. Un décor de lande à la limite du surnaturel
(le même utilisé par Minnelli pour Brigadoon), une bande
de contrebandiers soudards, un couple d’aristocrates cupides
et dépravés, un bandit gentleman, et voilà le
jeune John Mohune, étrange petit bonhomme blond, lancé à la
découverte des secrets du monde et du mystère des origines.
En épousant très souvent le strict point de vue de l’enfant
sur cet univers de brigands qu’il apprend à connaître,
Lang organise un système ésotérique et oculaire
gouverné par une complexe mais limpide nécessité,
et insiste sur la dimension cosmique de l’aventure. C’est
ce regard de John, et la volonté de savoir, qui font naître
les choses et les événements, qui révèlent,
enfin, le contenu de l’énigme (ici, le diamant de Barberousse) à la
faveur d’un parcours initiatique au coeur des ténèbres.
Jean-Philippe
Tessé, Chronic’art
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