| |

SEANCES
Mercredi 21 mai à 20h30
Vendredi 23 mai à 22h
|
BRAZIL
de Terry Gilliam
GB, 1985, 2h25, VOSTF
Avec Johnathan Pryce, Robert De Niro, Michael Palin
Sam
Lowry, fonctionnaire modèle d'une mégapole étrange, à la fois d'hier,
beaucoup d'aujourd'hui et tout à fait de demain, a des problèmes avec
sa maman et avec l'Etat, tout puissant. Pour couronner le tout, des
songes bizarres l'entraînent chaque nuit sur les ailes d'Icare, à la
recherche d'une jeune femme blonde, évanescente, inaccessible. Chaque
fois qu'il est sur le point de l'atteindre, leurs trajectoires se séparent
et le songe s'interrompt cruellement.
Pourtant une nuit, la belle Jill Layton entre dans sa vie... Par le
biais d'une erreur dans la machinerie fantastique qui préside à l'organisation
de la vie quotidienne des citoyens de cette ville étrange, l'Ordinateur
suprême a désigné le brave Buttle à la place de l'escroc Tuttle, activement
recherché. Après le décès fâcheux du pauvre Buttle, Saw Lowry, jusque-là
employé rampant, est promu au Service des Recherches, très brigué...
pour dédommager la veuve du défunt. La belle Jill habite au-dessus
de l'infortunée famille... En fait de recherches, Sam va passer son
temps à retrouver la femme de ses rêves.
« Le revoyant aujourd'hui, on se dit que Brazil prouve qu'un
film peut toujours échapper à une vision du cinéma que l'on se construit
année après année. En effet, on aime bien Brazil alors que tout semble
être fait pour qu'on le déteste. (…)Ce sont précisément ces outrances
sans frein, cette audace qui ne craint pas le mauvais goût qui nous
sont sympathiques. »
Serge Kaganski, « Brazil », Les Inrockuptibles n°
181, le 1er juillet 1998, p. 44.
« Brazil est un film inclassable,
unique, une vision pessimiste et loufoque de notre monde envahi par
le totalitarisme bureaucratique. Terry Gilliam a bâti un univers à
la fois réaliste et complètement absurde. Histoire romantique, délire
kafkaïen, critique de la société surinformée et bureaucratisée; Brazil
est l'œuvre d'un visionnaire. »
Yannick Vély, « Brazil », filmdeculte.com
« La
mécanique interne de ce complot de la surinformation, ses implications
politiques (ou anarchiques) nous stupéfient moins que son fabuleux
impact visuel. Vidéoclip de l’utopie socioculturelle punk déboussolée,
ce film nous lave le regard d’un bain régénérant. À la sortie nous
retrouvons le métro avec une âme terroriste.
Et nous nous surprenons à fredonner cette rengaine nostalgique
jusqu’à l’orgeat : « Brazil, where hearts were entertained
in June, We stood beneath an amber moon, And Softly murmured :
someday soon…
Déjà Gilliam par son électrochoc à ras béton, nous a redonné,
contagieux comme la peste ou le Sida, le goût de l’Azur. »
Robert
Benayoun, « Une mégalomanie en vol plané», Positif n°
289, mars 85, p. 9.
« Rien de démodé (en dehors des séquences
oniriques) dans ce petit bijou de Terry Gilliam, qui transpose l’univers
prophétique de 1984, le roman de George Orwell, dans un enfer bureaucratique
que Kafka n’eût pas désavoué(…) Bref, un petit chef-d’oeuvre d’humour
noir et de stylisation, où le dessinateur qu’est à l’origine Gilliam
déploie toute sa folie graphique. »
Vincent Ostria, « Par ici les sorties, Brazil », L’Humanité,
le 16 avril 2008.
|
|